‹ Silves et rimes légèresChapitre 146 sur 244 · UN RAYON DE SOLEIL · texte numérisé non relu

UN RAYON DE SOLEIL

O toi , dont le nom pris à la reine des cieux

Toujours m'apporte au cœur un bruit délicieux,

Quel plaisir tu me fais, enfant, quand dans ma chambre

Tu me viens visiter! Même aux jours de décembre,

Alors que, tout couvert de nuages épais,

Le soleil n'y répand que de pâles reflets,

Elle devient soudain et plus chaude et moins sombre.

Ta vue est un rayon qui dissipe mon ombre,

Un souffle de printemps empreint d'ambre et de miel

Qui chasse mon hiver. Aussitôt plus de fiel :

Mon âme jette au loin toute pensée amère,

Tout souci dévorant, toute sourde colère,

Et la voilà qui vole à tes lèvres, enfant,

Gomme l'abeille d'or au cytise odorant,

Se pendre et se jouer. Simple et sans artifice,

La voilà qui te suit dans ton moindre caprice,

Qui parle ton langage et follement répond

Au sourire charmant que tes lèvres lui font.

Qu'importe qu'à cette heure une grave visite

S'en vienne lui montrer combien elle est petite?

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