‹ Silves et rimes légèresChapitre 147 sur 244 · UN RAYON DE SOLEIL · texte numérisé non relu

UN RAYON DE SOLEIL

Connue Le roi Henri devant l'ambassadeur,

Elle demeurera fière de son ardeur.

Loin même d'arrêter sa vive turbulence, De rentrer au repos, de s'imposer silence, Elle redoublera de rires et de cris, Sans redouter d'un fat l'ironique mépris. Qu'importe son dédain? Au contact de l'enfance, N'a-t-elle pas repris sa robe d'innocence?

0 force de la grâce! enfants, petits enfants,

Que vous avez sur nous de pouvoirs triomphants!

Doux êtres qu'aux humains la Providence envoie

Pour être leur plus pure et leur plus sainte joie,

Chérubins d'ici-bas dont le ciel est jaloux,

Qui peut ne vous aimer et vivre loin de vous?

Qui peut voir les trésors de vos têtes blondines,

Vos prunelles d'azur, vos lèvres purpurines

Toujours prêtes à rire et prêtes à jaser,

Sans avoir le désir d'y placer un baiser?

Que d'autres, enflammés d'une vertu stoïque

Et poursuivant, l'œil haut, quelque but héroïque,

Dédaignent en chemin de s'arrêter un peu

Pour respirer les fleurs qu'à leurs pieds sème Dieu,

Pour moi je ne le puis : j'ai besoin que sans cesse

L'enfance avec sa voix tendrement me caresse,

Et du haut de mes ans me ramène le cœur

Aux jours insouciants de sa frivole ardeur.

J'ai besoin d'oublier aux bruits de sa folie

Les cris assourdissants de l'orageuse vie,

Le monde aux plaisirs creux et plein de fausseté,

Et de me retremper en sa naïveté,

Comme au courant d'une eau d'autant plus pure et belle

Qu'elle brille encor près de la source éternelle.

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