A LA TRANQUILLITÉ
Pour moi, toujours aux prés verts, le matin, Tu guideras mes pas d'une voix douce, Et, dans l'ardeur des bleus étés, ta main M'y construira quelque siège de mousse; Puis quand le vent d'automne amassera De l'ombre aux cieux blanchis par Cynthia, La pensée en mon âme à l'accord moins rebelle Reluira par tes soins blanche et calme comme elle.
Ame cherchante et cœur sensible , à toi
J'offre le tout, ô tranquillité pure!
Hélas! à l'heure où je rêve à part moi
De hauts destins pour la race future,
Je vois de loin et solitairement
Tout ce que font les hommes du moment, Actes de meurtriers, de fourbes en délire, Trop fous pour en pleurer, trop méchants pour en rire.
Imité de Coleridge, 1851.