‹ Silves et rimes légèresChapitre 160 sur 244 · L'EPITAPHE · texte numérisé non relu

L'EPITAPHE

Et trouva par le monde un cœur égal au sien Pour ensemble former un éternel lien !

Hélas! c'est une chance, et faveur peu commune, Que de rares mortels en goûtent la fortune Dans les milliers de cœurs que l'on voit ici-bas S'attirer et se prendre au leurre des appas ! »

Soudain les deux amis s'inclinent vers la terre

Et cherchent quelques fleurs sur la verte lisière

Du bois sombre. Bientôt la lavande, le thym,

L'iris et le muguet deviennent leur butin.

Alors, des purs trésors que le sol abandonne

Ils tressent avec art chacun une couronne;

Puis aux rameaux courbés d'un blanchâtre bouleau,

Qui balance sa tète au-dessus du tombeau,

Ils les pendent, et puis, contents de leur hommage,

Ils reprennent tous deux leur route sous l'ombrage.

Écrit en 1852. Publié en .1855

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