‹ Silves et rimes légèresChapitre 168 sur 244 · LÀ COURSE DU CERF · texte numérisé non relu

LÀ COURSE DU CERF

En chasse! en chasse!

Et dans l'espace Au bruit des cors Suivons le cerf dix-cors.

Il court, il court à travers les montagnes, Les bas coteaux, les plaines, les vallons ; Et les grands monts, les coteaux, les campagnes, Tout disparaît sous l'éclair de ses bonds.

Tayaut! la chasse

Est sur la trace;

Les monts, les bois Répètent les abois.

Tayaut! la chasse

Est sur la trace;

Clairs sons du cor, Soutenez notre essor!

Mais le jour baisse, et du cerf intrépide Le pied fléchit bien loin des lieux connus ; Ses faons légers, ses bois, son eau limpide, Tout ce qu'il aime, il ne le verra plus.

Hourra! la chasse!

La bête est lasse ;

Les chiens en voix Augmentent leurs abois.

Hourra! la ebasse!

Allons ! qu'on fasse

Mugir plus fort Et la trompe et le cor!

Le voilà pris. Ah! la pauvre victime!

Devant les chiens et leur assaut vainqueur

11 pleure, et l'homme, à ce transport sublime, Sent le plaisir redoubler dans son cœur.

Vive la chasse!

Cernons la place;

Le roi des bois, Le cerf est aux abois.

Vive la chasse !

Et que l'on fasse

Par chaque cor Sonner le chant de mort.

O Créateur! père de la nature, Comme aux saints jours ne verra-t-on jamais Sous les grands arcs de la douce verdure Bêtes et gens vivre et mourir en paix?

Gloire à la chasse!

Rentrons en masse

Boire à nos droits Sur le prince des bois.

Et toi, vorace

Meute de chasse,

Au bruit des cors Va déchirer son corps.

Pierre fonds, 1834.

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