A PROPOS DE LA MORT DU TZAR NICOLAS
On raconte qu'un jour un homme au cœur pieux, Le long du Tigre errant, fit rencontre en ces lieux D'un crâne plein de vers, et dont la bouche morte, Tout à coup s'entr'ouvrant, lui parla de la sorte : « J'étais jadis un roi magnifique et puissant, Au front de qui brillaient l'or et le diamant. Favorisé du ciel et de mon bon génie, L'Iran je dévorai ; de la Caramanie J'en voulus faire autant, mais le ver du tombeau Soudain me dévora la pulpe du cerveau...
De ton entendement ouvre bien les oreilles, Et si tes vains désirs couvaient choses pareilles, Le sage avis d'un mort, alors y pénétrant, Rabattrait ton orgueil... Ami, Dieu seul est grand! »