LA VEILLE DU LE PAT. T
Que l'heure des adieux est une triste chose! Nous étions tous pensifs... L'enfant , prenant la rose Qui reposait vermeille à côté de son cœur, En rêvant inclina ses lèvres sur la fleur.
Et la rose, cédant à cette haleine pure, Lentement dépouilla sa divine parure , Et chaque feuille d'or, résistant faiblement, Une à une tomba du calice embaumant.
L'une ici , l'autre là , toutes à la volée
Prirent à travers l'air une route isolée ,
Et, jetant leurs parfums comme un dernier soupir,
À nos pieds inquiets toutes vinrent mourir.
Pauvres feuilles! Et nous, une fortune amère Allait nous disperser comme elles sur la terre ; Chacun de nous peut-être, en se quittant ce soir, Devait-il s'éloigner pour ne plus se revoir.