‹ Silves et rimes légèresChapitre 228 sur 244 · UNE STATUE DE PUC ET · texte numérisé non relu

UNE STATUE DE PUC ET

Les bourreaux ont lancé leurs flèches empennées,

Et le soldat du Christ aux brillantes années,

Sébastien, par les trous qu'elles font en sa chair,

Sent avec tout son sang l'âme se détacher.

Déjà son cœur remue à peine en sa poitrine,

Sur son corps affaissé sa pâle tête incline,

11 tombe, et, s'il n'était par des liens tenu,

11 joncherait le sol... Mais une femme a vu

Le supplice de loin , et cette aimante femme,

Jalouse dans son vol d'arrêter la belle âme ,

Avec le saint troupeau de ses pieuses sœurs,

Va la venir tirer des mortelles langueurs...

0 Pugct, que de cœurs sensibles par le monde

Sont, comme ton martyr, à la haine profonde

En butte et transpercés dos flèches du méchant,

Faisant à larges flots couler leur noble sang !

Mais , bêlas ! tous n'ont pas comme lui dans la peine

La délicate main de quelque douce Irène

Pour ranimer leur cœur, et sur la plaie en feu

Poser secrètement le dictame de Dieu.

Gênes, Sainte- Marin de Carignan

RIMES Dli VOYAGE. 403

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