AU BORD DU LAC A VERNE
Le rapt de Proscrpine.
Elle jette un grand cri, laisse tomber ses fleurs, Et, toute renversée au bras qui l'emprisonne, La vierge cependant s'y rattache et cramponne Par crainte du galop des chevaux ravisseurs.
Le sombre dieu, penché sur les froides pâleurs De sa gorge d'ivoire, avidement leur donne Des baisers chaleureux, et sa barbe sillonne Le beau sein de l'enfant de fumeuses noirceur:..
Elle fait résistance à l'invincible chaîne, D'une main repoussant le dur menton d'ébène, De l'autre à l'œil de feu cachant ses yeux divins.
Mais le char roule et fuit avec la nymphe blonde, Et les cieux sont frappés d'une rumeur profonde Par le fouet, par la roue et les cris féminins.
Imité de Cassiairi.