EN MER
Souvenir d'affreux temps, ô triste, triste histoire! Un batelier me montre en me menant sur l'eau L'endroit où par amour Nelson tachant sa gloire Fit pendre Caraciolo.
FCF. IT SUR UN v u; t M.
Laissez-moi, laissez-moi vous prendre comme un rêve, Comme un de ces parfums que le zéphyr enlève Aux lilas fleurissants dans les ombres du soir; Laissez-moi ne tenir, n'emporter de vos charmes Que ce vague idéal qui soulève les larmes Et qui vous fait longtemps soupirer sans savoir.
Plus d'un ami m'assure, ô jeune Ausonienne,
Que l'antique beauté de sa grâce sereine
A pris soin de vêtir vos traits harmonieux ,
Que votre taille est svelte et souple comme un saule,
Et que sur vos yeux bleus et votre blanche épaule
Tombent abondamment des flots de blonds cheveux.
On dit que votre esprit, abeille prompte et fine, Sur votre lèvre en fleur que la nacre illumine Aux douceurs de la langue ajoute encor son miel, Et que secrètement souvent votre belle âme Laisse échapper des chants d'une sublime flamme, Qui ravissent les cœurs et les portent au ciel.
Hélas ! on en dit trop pour mon indifférence, Trop pour ne pas vouloir revenir à la France Et rester à jamais loin de vos yeux caché ; Car, si je contemplais votre douce figure A ses enchantements, aimable créature, Je craindrais de ne plus pouvoir être arraché.
Laissez-moi, laissez-moi vous prendre comme un rêve, Comme un de ces parfums que le zéphyr enlève
Aux lilas fleurissants dans les ombres du soir; Laissez-moi n'emporter de vos traits, de vos charmes, Que ce vague idéal qui soulève les larmes Et qui vous fait longtemps soupirer sans savoir.
l'embarqle m e n t.
Le signal est donné : le vaisseau nous entraîne, La ville disparaît dans un brouillard doré, Le soleil s'éteignant rougit la vague pleine ; Adieu, Naples! Qui sait quand je te reverrai!