‹ Silves et rimes légèresChapitre 240 sur 244 · EN TRAVERSANT LE SI M PL ON · texte numérisé non relu

EN TRAVERSANT LE SI M PL ON

O voyageur, vois-tu ces monts audacieux?

C'est le champ de bataille où les fils de la terre

Firent au roi des dieux une si forte guerre,

Qu'il faillit perdre ensemble et la foudre et les cieux.

Mais ils furent vaincus, et les pleurs de leurs yeux Formèrent ces torrents bruyants comme un tonnerre, Et l'écume vomie en leur sombre colère Couvre encor de blancheurs ces sommets orgueilleux ;

Puis ce profond ravin où serpente la route

Est un des grands sillons que leurs chars en déroute

Creusèrent sous le pied des chevaux haletants;

Et ces bois de sapins aux cimes toutes sèches, Ces sapins par milliers plantés comme des flèches, Ce sont les derniers traits du carquois des Titans.

lt E 1 O L R .

Italie, ô splendeur! dans le sombre Paris Rentrer après avoir foulé ta blonde terre, Hélas! c'est retrouver l'ombre après la lumière, L'inquiétude après l'existence légère; Mais c'est aussi revoir sa mère et ses amis.

Écrit en 183 L et 1832.

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