LE COEUR FAIBLE
GHAZEL.
Éloigne, éloigne ces beaux yeux Que trop souvent vers d'autres yeux Tu te plais à porter, cruelle !
Éloigne, éloigne ces beaux yeux Dont le regard m'est infidèle.
Mais las ! ils sont si doux, tes yeux, Que, malgré le cri de mon âme, Je ne puis faire que mes yeux, N'aillent chercher leur tendre flamme.
Phare trompeur, dussent tes yeux, Être cause de mon naufrage, Sur eux toujours iront mes yeux ; Car je n'ai dans mes jours d'orage Pour étoiles que tes beaux yeux.