‹ Silves et rimes légèresChapitre 31 sur 244 · LES PLEURS DE ROLAND · texte numérisé non relu

LES PLEURS DE ROLAND

Je suis comme le noir nuage

Par les vents emporté, Et qui sous les grands deux voyage

Tristement ballotté.

Nuage heureux, son flanc d'albâtre Un jour fut tout vermeil;

Mais maintenant, lourd et bleuâtre, Il roule sans soleil.

Maintenant plus d'haleine douce, Plus de zéphyr pour lui,

Il faut courir : le vent le pousse Rudement jour et nuit.

Et plus il va, plus il est sombre, Plus son flanc pluvieux

Recouvre de tristesse et d'ombre Et la terre et les cieux.

Ainsi je suis : par la tempête

Agité, sans repos, J'erre, je gronde et si j'arrête,

Las! c'est pour fondre en eaux.

Arioste.

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