‹ Silves et rimes légèresChapitre 42 sur 244 · BELLE ISABEAU · texte numérisé non relu

BELLE ISABEAU

A sa fenêtre une fille est rêvant; Ses cheveux blonds flottent au gré du vent, Et sur l'hermine De sa blanche poitrine De ses beaux yeux des pleurs tombent souvent.

Hélas! hélas! dit-elle avec soupir, Je vois les champs tous les ans refleurir; Puis l'été passe Et l'hiver le remplace Sans qu'amour vienne au logis me quérir.

Hélas! hélas! profonde est ma douleur; Car je le sens, m'adviendra le malheur, Moi si gentille, De rester toujours fille, De rester fille avec un tendre cœur.

BELLE ISABEAU. Il

Sa mère vient sur son sein la presser Et dit : Pourquoi tant de larmes verser? Chère co'ombe, Que ton aile retombe :

C'est ton orgueil qui te fait délaisser.

Si je savais un jeune et beau garçon Pauvre d'argent, mais de cœur franc et bon, Pour lui mon âme Serait pleine de flamme, Je l'aimerais, mère, avec passion.

Je sais, ma fille, un jeune et beau garçon : Riche il n'est pas , mais il a le cœur bon , Et, triste et sombre, Depuis des jours sans nombre Ce garçon t'aime à perdre la raison.

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