LE COMTE GUY
Dans un verger, au bord d'une fontaine Dont claire est l'onde et dont blanche est l'arène, Fille de roi, triste et le front pâli, Pense à l'ami dont l'absence la peine :
Ah! comte Guy!
Fleur de gaîté votre amour m'a ravi.
Ah! comte Guy! j'ai sombre destinée; A vieux mari mon père m'a donnée :
En son manoir toujours seule avec lui, Jamais n'en sors, ni soir ni matinée.
Ah! comte Guy!
Fleur de gaîté votre amour m'a ravi.
Las! de l'époux la plainte est entendue, Et de colère il vient, l'âme éperdue, Battre la belle au cœur plein de souci
LE COMTE GUY. T.l
Tant qu'à ses pieds morte elle est étendue.
Ah! comte Guy!
Fleur de gaîté votre amour m'a ravi.
Bientôt, de mort la belle retirée Invoque Dieu, pauvre désespérée!
Et dit : Seigneur! faites que mon ami A mon secours vienne cette vcsprée.
Ah ! comte Guy !
Fleur de gaîté votre amour m'a ravi.
Au cœur de Dieu la prière est entrée : Le comte est près de la douce éplorée... Sous un grand arbre elle est seule avec lui, Et là, d'amour mainte larme est pleurée.
Ah! comte Guy!
Fleur de gaîté votre amour m'a ravi.
Romance d'un vieux trouvère, rajeunie.