LE RÊVE DE LA SERVANTE
L'autre jour la pauvre Marie
Dans une rue entend chanter,
Au fond d'une cage fleurie,
Une alouette au cri léger;
Et voilà que son âme en peine
S'ouvre aux rêves les plus touchants,
Car cette note lui ramène
La douce image de ses champs.
Soudain elle voit sa montagne S'élever au milieu des airs, Les beaux vallons de la Limagne Avec leurs grands châtaigniers verts; Elle voit Te ruisseau rapide Qui descend du coteau voisin Porter son eau vive et limpide A la meule du vieux moulin;
Elle voit lu vert pâturage Où tant do fois clic a mené Une chèvre blanche et sauvage Bondir avec son nouveau-né; Elle voit sa vieille chaumière, Son cher nid, souc les arbres frais, Où tout ce qu'elle aime sur terre Loin d'elle, hélas! réside en paix;
Elle s'arrête, et sa pensée Avec son âme est dans les cieux; Riais l'image tant caressée Bientôt se dérobe à ses yeux.
Un bruit cha'sse sa rêverie; Elle sort de sa douce erreur; Adieu montagne, adieu prairie, Avec vous était le bonheur!
Souvenir de Wordsworth.