‹ Silves et rimes légèresChapitre 57 sur 244 · LE JOUEUR DE VIELLE · texte numérisé non relu

LE JOUEUR DE VIELLE

Assez , assez tourner ta vielle :

Voici deux sous, tiens, pauvre enfant!

Merci de ta chanson nouvelle, De ton air vif et sautillant.

Pourquoi rester dans cette rue Où de toi l'on fait si peu cas?

Jouer ici , peine perdue :

L'on passe et ne t'écoute pas.

Il est des endroits par la ville Moins riches et moins fréquentés Où de ta vielle, enfant débile, Les airs seront mieux écoutés.

Ce sont ceux que le pauvre habite, Ceux où, penché sur un métier,

L'ouvrier, dans un humble gîte , Passe le jour à travailler.

Porte en ces lieux ta manivelle, Et là, de gentille façon, Fais éclore sous ta main frôle Une fine et tendre chanson.

Là, plus d'une fenêtre sombre Pour t'écouter s'entr'ouvrira :

Même à tes pieds du sein de l'ombre Plus d'un gros sou rebondira :

Car musique aux notes de flamme Fait au pauvre un bien sans pareil :

Elle est pour l'hiver de son âme Un rayon de divin soleil.

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