‹ Silves et rimes légèresChapitre 84 sur 244 · LE FEU · texte numérisé non relu

LE FEU

Que j'aimerais devant la rouge braise, Sur mes chenets posant mes pieds à l'aise, Rêver d'amour sans trouble et sans pâleur! S'il était feu, que je serais joyeuse, Dans les longs plis de ma robe soyeuse, De retenir sa brûlante chaleur!

0 feu divin! j'en prendrais soin extrême; Pendant le jour il aurait ce qu'il aime : Force rameaux de chêne et de sapin; Et quand mes yeux verraient la nuit descendre, Je le mettrais sur un bon lit de cendre, Pour sommeiller en paix jusqu'au matin.

Heureuse enfin au gré de mon envie, Je le ferais brûler toute ma vie :

Jusqu'à ma mort je le voudrais nourrir, Et je n'aurais qu'un souci, qu'une crainte, Las! ce serait de voir sa flamme éteinte; Car, s'il mourait, il me faudrait mourir.

Écrit et publié on 1828.

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