‹ Silves et rimes légèresChapitre 99 sur 244 · L'AIGLE MORT · texte numérisé non relu

L'AIGLE MORT

Lui qui, la tête haute et sans cligner des yeux, Contemplait le soleil dans sa pleine lumière, Lui qui bravait la foudre en son vol orgueilleux, Le voilà devenu l'égal de la poussière.

Son regard est éteint, son col nerveux ployé; Son aile détendue, à la brise mutine N'offre plus résistance, et, fermée à moitié, Sa serre est retirée au creux de sa poitrine.

Muet, froid et sans pouls, le fier dominateur N'est plus qu'un vain sujet de quolibet stupide Pour quelques bergerets entourant le chasseur Qui vient de le frapper de sa balle rapide.

Et pourtant cet immense et splendide horizon

De ciel bleu couronnant les monts aux blanches crêtes,

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