ÉPILOGUE
TÉTRONAL
Sous les feux encore ardents de la fin d’une torride relevée de juillet, la campagne semblait accablée de sommeil. Comme la fenaison était finie depuis près d’une semaine, les gens de ferme n’avaient plus à vrai dire qu’à regarder môûrir les avoines et les blés.
A cette heure intermédiaire de la journée, après le retour des enfants de l’école et avant que les ménagères eussent à quitter leur silencieuse couture pour préparer le souper de famille, chacun, vu l’extrême chaleur, s'était blotti dans son coin d'ombre pour s’éponger et pioncer à l’aise.
Dans les prés, les vaches grasses, bien repues, attendaient en ruminant, paresseusement vautrées dans l'herbe sous les bouquets d’arbres le long des clôtures, l’heure de la traite du soir. Rien ne semblait bouger; le silence n’était guère rompu que par le bourdonnement des mouches
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ÉPILOGUE * 233 EE — — ou le tic-tac des horloges qui venaient de sonner cinq heures, =
A l’intérieur d’une de ces paisibles habitations de cultivateur où nous conduisons encore une fois le lecteur, cette paix profonde allait pourtant être troublée dans quelques minutes par un incident dont on parlerait longtemps sous le chaume, et même, qui sait aussi ? dans les gazettes.
La chambre la mieux meublée de la maison était pour le moment occupée par trois personnages qui, à en juger par leur attitude et leur silence, n’avaient rien à se dire.
Les rideaux avaient été soigneusement tirés sur l'entière largeur des croisées toutes grandes ouvertes pour laisser circuler l'air, ce qui créait dans la pièce un demi-jour reposant et légèrement rafraîchissant, Par contraste avec l’ardente lumière extérieure. Dans une embrasure, un jeune homme sérieux et imberbe semblait très absorbé par la lecture d’un Magazine anglais dont les pages enluminées étaient placées de manière à recevoir le peu de jour qui pût filtrer par l’écart des rideaux.
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A l’autre extrémité de la chambre, une jeune fille, en fraîche toilette blanche et dont la personne semble fort agréable pour autant qu’on puisse discerner ses formes, agite très consciencieusement un élégant éventail de plumes audessus d’un canapé près duquel elle est assise. Il est vrai que le canapé n’est pas vide. Il y a là un autre jeune homme, celui-là à moustache prononcée, apparemment plongé dans un profond sommeil, à en juger par son immobilité.
Mais voilà que tout à coup son être s’agite fiévreusement, à la joie manifeste de sa veilleuse. Ses lèvres s’entrouvrent presque aussitêt pour laisser échapper de petits cris étouffés; puis il porte brusquement les deux mains à son cœur, appelant, d’une voix faible, à peine perceptible:
—Help! Jimmy!
Aussitôt le liseur attentif jette son livre à terre, entrouvre le rideau et accourt auprès du dormeur.
Celui-ci ouvre de grands yeux ébahis, se fait
un petit massage de tête avec ses deux mains comme quelqu'un qui cherche à rattraper ses