‹ Similia similibus, ou, La guerre au Canada [microforme]Chapitre 29 sur 36 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

— Sulfonal ? autrement dit diéthysulfonediméthylméthane ? suggéra le médecin d’un ton entendu.

— Non, ça s'appelait autrement, dit Paul.

— Alors, c'était du diéthylsufonebutane, en termes vulgaires du trional ?

— Vous n’y êtes Pas encore, docteur.

— Mais, malheureux, c’est done du diéthyl-

sulfurediéthylméthane que vous avez pris? du tétronal ?

— Juste, c’est Ça, du tétronal. I] faut croire que la dose était un peu forte, peut-être aussi

Belmont reprit :

— À peine étais-je sorti de table ce soir-là que je me sentis soudainement la tête prise dans un étau de fer, une sorte de casque prussien qui me comprimait les tempes, Je me levai pour aller respirer à l’aise dans une fenêtre, et juste

ÆS

ma vie... tout disparut à mes yeux pour faire place à des visions qui m’avaient fort obsédé dans ces derniers temps. J’avais lu à peu près tout ce qui s’est publié sur la guerre des titans du vingtième siècle. Cette bocherie et cette boucherie ne sont naturellement revenues dans mon hypnose. Pendant ces vingt-quatre heures, j'ai vécu plus d’une semaine de grande tragédie.

Et il fit le récit des scènes dramatiques que le lecteur connaît déjà, et où il avait eu soin de se réserver le rôle de jeune premier. Ilest possible que dans le prodigieux effort de mémoire qu’il lui fallut faire pour donner une forme aux hallucinations fugitives du rêve, il ait quelque peu enjolivé les choses. Il se peut aussi qu’à force d’être répétée de bouche en bouche avant d’être écrite et imprimée, chacun y mettant du sien, l’histoire y ait tant soit peu gagné en longueur. Dans tous les cas, après que Paul eut fini de parler, l’un des invités ne put s'empêcher de dire:

— Savez-vous que voilà de quoi faire un beau livre ?

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