‹ Similia similibus, ou, La guerre au Canada [microforme]Chapitre 28 sur 36 · ÉPILOGUE ati d a · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE ati d a

T1 lui fallait une mise en scène plus élaborée dans sa petite thébaïde du quatrième étage: en plus du pain fortifiant et du vin réjouissant, une plume, de l'encre et du papier, et la pipe de tabac chère à tout bon Canadien. Jamais il n'était plus heureux que dans ses laborieuses veilles, prolongées bien avant dans la nuit.

Quant à la sirène qui devait charmer sa solitude, il ne l’avait jamais entrevue qu’en rêve, mais il la voyait venir.

L'approche de l’heureux moment n'avait nullement ralenti son zèle de journaliste. Les préparatifs de la noce, les courses à faire, le choix et l’aménagement du nid nuptial, les mille et un prosaïques détails préliminaires à la grande cérémonie, rien ne l’avait un instant détourné de sa tâche quotidienne. Ce surmenage devait fatalement aboutir à une catastrophe.

Laissons-le lui-même compléter le récit de son aventure, au dîner de noce où nous le retrouvons bientôt en nombreuse compagnie, dans la même

salle à manger qui a servi de décor au début de cette histoire.

Autour de l’hospitalière table de pap Meu-

——— nier, figurent cette fois plusieurs autres invités que monsieur le notaire: le vénérable curé de la paroisse occupe la place d'honneur, il y a aussi le médecin du village qui avait prodigué des soins empressés, mais stériles, à Paul pendant son somme hypnotique de près de vingt-quatre heures; enfin, quelques-uns des confrères de celui-ci. Inutile d’ajouter qu'Oreste n’a pas oublié son Pylade anglais, qui lui a servi de garçon d’honneur à la messe nuptiale. Il n’y manque que la petite colonie allemande du voisinage; mais on a appris que Biebenheim et ses camarades ont quitté le pays, on les dit mobilisés,

— J'étais déjà sur les nerfs, disait Belmont, lorsque mes amis m’ont rendu le service de me donner le coup de grâce en me conviant à ce qu’ils appelaient l'enterrement de ma vie de garçon. A partir de cette nuit de godaille et de boustifaille, comme disait défunt Arthur Buies, je perdis sommeil complètement. Le jour du contrat, un étudiant en médecine, me voyant dans cet état, m’administra un al quelconque dont le nom m’échappe.

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