‹ Similia similibus, ou, La Guerre au CanadaChapitre 20 sur 20 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

une parole, avait un grain de picrate dans son œil froid quand il répondit:

— Le malheur pour vous, c'est que vos écoles d'Ontario ne sont pas toutes à la hauteur. Vous avez le défaut de mal payer vos instituteurs. Ensuite, c'est que vous mêlez la religion à ces questions de langue. Or, sur ce terrain, vous êtes divisés, et il est écrit que tout royaume divisé contre lui-même ne saurait subsister. Commencez par accorder vos violons. Pourquoi nous donner tous les torts quand les pires ennemis de votre langue sont des catholiques comme vous?

— What d'ye mane, Jimmy ? éclata une voix irritée, celle d'un jeune confrère, qu'à son accent on reconnaissait aisément comme le représentant de la presse irlandaise à ce festin de noce.

— Y ou know perfectly well, Pat\ répondit froidement le fils d'Albion.

La discussion allait s'engager dans les chardons.

La mariée sauva la situation, d'un mot accompagné de son plus charmant sourire.

— Monsieur Smytjie, dit-elle, récitez-nous

donc cette jolie pièce de vers patriotiques que vous me lisiez l'autre jour avec tant d'émotion. . .

De ce moment, la conversation reprit son ton enjoué, même entre Belmont et Smythe. Comme la compagnie allait se lever de table, celui-ci jetait un curieux regard au marié en murmurant:

— Y ou 're a lucky dog\

M. le curé, qui ne comprenait pas l'anglais, s'en fit donner la traduction par Marie-Anne, laquelle s'exécuta de bonne grâce, non sans rougir jusqu'au blanc des yeux.

— Ah ! dit le vénérable abbé, je vois ce que c'est, mon jeune ami. Vous enviez sans doutele bonheur de votre confrère. Eh bien, mais c'est tout simple: prenez le même remède. Vous savez, similia si?nilibus curantur !

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