‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 103 sur 232 · Stubbs, II · texte numérisé non relu

Stubbs, II

tants au sujet de certains articles contenus dans la grande charte ; « à la prière des grands du royaume » , Henri III ordonna aux shériffs d'inviter « les chevaliers et preudhommes de leur comté à choisir parmi eux quatre chevaliers des plus léaux et des plus sages, qui se présenteront à Lincoln au jour dit pour montrer les griefs qu'ils ont contre le shériff*. »

Ainsi la cour de comté pouvait contrôler l'administration du shériff comme le Parlement contrôlait la politique royale. Les shériffs semblent, il est vrai, avoir été souvent des gens qu'il n'y avait guère heu de ménager. Ils obtenaient leur charge par voie de l'adjudication ; c'étaient des traitants avant d'être administrateurs, et ils se lais* saient aisément séduire aux tentatives de corruption dont ils devaient être assiégés. En 1236, le Parlement de Londres demanda a qu'on destituât tous les shériffs, parce qu'ils s'étaient considérablement écartés du chemin de la justice et de la vérité » . A leur place, le roi mit des gens « mieux poui*vus de terres, plus riches en trésors et plus nobles d'origine, afin qu'ils n'eussent pas besoin de courir après les présents et qu'ils ne se laissassent pas corrompre » , et il leur fit jurer « de ne recevoir aucun présent, si ce n'est en boisson et en vivres, et cela modérément, pour qu'il n'y eût pas le moindre soupçon de corruption »*. Ce n'est pas le seul cas où le Parlement demanda ni obtint l'épuration radicale de tout le haut personnel administratif : la surveillance n'était pas bien rigoureuse ; les mauvaises habitudes reprenaient vite le dessus, et il fallait faire de temps en temps des exemples bientôt oubhés. C'était pis encore quand on avait affaire à des personnages marquants : leurs méfaits restaient trop souvent impunis '.

i. Stubbs, Select Charters, p. 357; cf. Constit. hist., II, 212.

Page 1