‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 104 sur 232 · Mat. Paris, III · texte numérisé non relu

Mat. Paris, III

3. En 1256, Guillaume de Tlsle, grand bailli du roi et shériff du comté de Northampton, avait commis les plus grands excès; à leur première tournée, les juges itinérants purent s'en convaincre, mais, c comme c'était un grand personnage », ils n'osèrent le condamner à mort. Le roi envoya alors quatre enquêteurs : les comtes de Gloucester et de Leicester, assistés de deux légistes, Henri de Hath et Robert Waleran, chargés de faire une enquête sur tous ces .faits « au moyen des chevaliers du comté • ; les enquêteurs trouvèrent que le shériff était encore plus coupable qu'on ne l'avait dit, et il fut condamné à mort. Mais grâce à l'intervention de la reine d'Ecosse, fille du roi, il eut la vie sauve. Paris, V, 578.

La plupart des griefs que Ton pouvait élever contre les sliérifPs ont été résumés par les barons eux-mêmes dans les doléances qu'ils exposèrent en 1258 au Parlement d'Oxford. (( Ils se plaignent, dit l'article 16, de la ferme des shériffs et autres libres baillis, qui prennent à ferme les comtés et autres bailliages ; ils les prennent à si haut prix, qu'ils ne peuvent la payer, et ils ne mettent pas les gens à l'amende selon la gravité du délit, mais ils les forcent à payer une rançon qui excède leurs moyens. » — a Ils disent en outre (article 17) que les shériffs ordonnent à leurs deux tournées annuelles l'assistance personnelle des comtes et des barons qui ont leurs baronnies dans divers lieux et dans divers comtés; s'ils n'y paraissent pas en personne, le shérifp les met à l'amende sans égard et sans jugement, et cela, parce que le shériff dit que dans ces tournées, il revêt le caractère d'un juge. » — « Ils se plaignent aussi de ce fait : quand une personne possède une terre, soit deux acres, plus ou moins, sans la maison qui en dépend, si, à raison de cette terre, elle ne vient pas aux tournées du shériâ*, elle est alors mise à l'amende à la volonté de ce dernier. » — « De même si un jury a été mandé devant un juge spécialement désigné, soit en cas de dépossession récente, soit en cas de mort d'ancêtre, les shériffs font proclamer dans les marchés que tous les chevaliers et tenanciers libres de la région doivent venir à un heu et à un jour déterminés, pour entendre et exécuter les ordres du roi ; et s'ils n'y viennent pas, ils sont à la merci du shériff. » — « Ils demandent enfin (article 20) un remède au mal suivant : Si un comte ou un baron, un bailli ou toute autre personne jouissant de privilèges dans une ville ou un village, a pris un malfaiteur et l'a présenté au shériffs ou à son bailli, pour le faire mettre en prison et détenir jusqu'au jour du jugement, le shériff refuse d'admettre ce prisonnier, si on ne lui donne de l'argent pour recevoir ce malfaiteur*. »

Ces plaintes en disent long. Elles montrent de quels abus de pouvoir les shériffs pouvaient se rendre et en fait se rendaient coupables; elles montrent aussi que le châtiment de ces mauvais serviteurs n'était pas facile à obtenir,

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