‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 117 sur 232 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

comte palatin, avait répondu par des injures à toute sommation de venir à la cour du roi*. Pour faire face à tant d'ennemis, Henri III venait de convoquer l'armée féodale ; mais les chevaliers se plaignaient d'être convoqués trop souvent, et de se ruiner sans profit pour personne *. Quant au clergé et à la haute noblesse, nous connaissons leurs griefs contre les étrangers; contre la guerre de Sicile, contre l'arbitraire royal. Enfin, au dehors, l'Angleterre n'éprouvait que des déboires : l'élection de Richard comme roi de Germanie avait eu pour résultat immédiat d'indisposer la France, alors qu'on négociait avec elle pour tacher d'obtenir de la conscience si délicate de Louis IX les meilleures conditions de paix possibles '. L'affaire de Sicile allait de mal en pis; elle épuisait sans profit le trésor royal. On se sentait malheureux, mécontent, diminué.

C'est au miUeu de ce malaise, à la fois économique et moral, que s'ouvrit le mémorable parlement de 1258; il fut réuni pour la première fois à Londres, le 2 avril. Le roi demanda de l'argent pour satisfaire l'envoyé du pape, Arlot, et pour repousser les Gallois. La discussion qui s'engagea sur ce dernier point montra de quels sentiments étaient animés les principaux membres de cette assemblée. Un des frères du roi, Guillaume de Valence, récemment créé comte de Pembroke, s'oublia jusqu'à dire que les Gallois avaient en Angleterre de puissants complices, et ne craignit pas d'insinuer que les comtes de Gloucester et de Leicester étaient de connivence avec eux; enfin, prenant Simon de Montfort directement à partie, il l'accabla d'injures, l'appelant menteur et traître endurci. On sait que Simon supportait mal les outrages, d'où qu'ils vinssent; il se précipita sur l'insulteur, et l'aurait percé de son épée, si le roi ne s'était jeté entre eux*.

La discussion continua le lendemain 3 avril et les jours suivants. Contre les Gallois, on décida que tous ceux qui devaient au roi le service militaire se réuniraient le 17 juin, à Chester. Vers la fête de saint Vital martyr (28 avril).

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