Mat. Paris, V
6. Le 17 juin, Louis IX notifie qu'il y a promesse de mariage entre son neveu Robert d'Artois et Amicie, fille oe feu Pierre de Oourtenai ; les amis, par les conseils de oui avaient été pris ces arrangements, étaient, du côté d'Amicie : Rooert, évêque d'Orléans ; Raoul, Jean et Guillaume de Courtenai, oncles d'Amicie; Simon de Montfort, et la
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prit aucune part directe aux travaux des Parlements chargés de mettre en pratique l'œuvre créée à Oxford. L'avait-il subie, plutôt qu'acceptée d'enthousiasme, c'est ce qu'on pourrait croire d'après le témoignage de certains chroniqueurs, il est vrai, un peu postérieure. «Beaucoup d'Anglais » , nous dit Jean d'Oxenedes, a allèrent prier Simon de leur donner aide et conseil, pour persuader à Henri III de ne pas dépenser ses trésors au hasard, de chasser les étrangers d'Angleterre, d'aimer les gens nés dans le pays, d'enlever et extirper les mauvaises coutumes, de concéder les libertés et les droits anciens. Simon, vaincu par leurs prières, consentit, malgré sa résistance ; il disait en effet que les Anglais ignoraient la persévérance; c'était leur habitude, après avoir fait entrer quelqu'un dans la briche (dans le jeu), de le renvoyer en lui faisant la nique )>^ C'est aussi ce que dit le chroniqueur de Saint-Denis, Primat. D'après lui, Simon aurait prévenu ses compagnons que désormais, quoi qu'il dût arriver, il garderait la parole donnée ; « et, comme il l'avait dit, il garda sans la cor* rompre la dignité de son serment*» .
Ces derniers mots achèvent de peindre le caractère de Simon de Montfort : c'est l'homme du devoir, on pourrait presque dire de la consigne. Tel nous l'avons vu en Gascogne, exécutant, avec une opiniâtreté que les insuccès ne lassèrent pas, l'ordre qu'on lui avait donné de réduire la province par la force des armes, tel nous le retrouverons dans la guerre civile. Quelques défauts qu'il puisse trouver à la réforme du royaume, du jour où il a juré la nouvelle constitution, il lui est acquis tout entier. Qu'U en ait été l'au-
mère de la fiancée, Perronelle, femme de Henri de SuUi. Delisle, Cart, normand, n» 613. — Le registre des visites d'Eudes Rigaud nous apprend que le 19 août, Simon dîna avec Tarchevèque de Rouen an château de Neaufies-Saint-Martin. — Le 19 octobre, Simon assistait à la consécration de Raoul c Grosparmi > de Périers, comme évèque d'Évreux. Histor, de Fr., XXIII, 467. Cf. CarttU. normand^ n» 617 ; Lenain de Tillemont, V, 63. On verra en outre plus loin qu'il fut constamment employé aux négociations pour la paix.
1 . Chronica Johannis de Oxenedes, publ. par H. EUis (Bolls séries)^ p. 224. Je ne suis pas sûr du sens de la dernière phrase. Voici le texte : a Asserens morem fore Anglorum,cum inducerent aliquem in breccam, hune dimittendo facerent caudam >. La chronic^ue de Lanercost parle aussi des hésitations de Simon ; sans doute, dit M. Prothero, p. 200, parce qu^il trouvait la constitution nouvelle trop compliquée.