Botfield, ouvr. cité, p. xv, n
5. Frédéric II avait, en juillet 1235, épousé Isabelle, sœur de Henri III et d'Âliénor de Leicester ; elle mourut le i^' décembre 1241 ^ Fog^a, après avoir donné à son mari plusieurs enfants.
venait de lui donner la victoire de Cortenuova (27 novembre 1237), sachant enfin répandre l'argent largement et à propos, Simon obtint de Grégoire IX la dispense qu'il était venu chercher (11 mai)*. Le légat Ottoboni reçut l'ordre d'attester formellement la validité du mariage, décision qui fut vivement blâmée en Angleterre ; mais, dit Mathieu Paris, « Rome avait des desseins trop subtils pour qu'il nous ait été donné de les comprendre' ! » Nous sommes mieux informés que Paris : le pape n'avait rien à refuser en une pareille affaire, qui était de discipline, non de dogme, à l'empereur victorieux, au roi d'Angleterre son vassal dévoué, à Simon, enfin, qui s'était montré jusqu'alors le serviteur fidèle de Henri III, et dont l'épée avait efficacement protégé le légat deux ans auparavant au tumultueux concile de Londres * .
Cette déUcate négociation terminée à son honneur, Simon put rentrer tranquillement en Angleterre (14 octobre)*; il était à Kenilworth le 28 novembre, où la comtesse, dans le 1 P mois de son mariage, mit au monde un fils. Le roi voulut être le parrain du nouveau-né et lui donna le nom de Henri*. Il pouvait se féliciter d'une union qui commençait si bien, et qui était son œuvre.
Beau-frère du roi, mentionné désormais dans les actes officiels au premier rang des barons, aussitôt après Richard de Cornouailles, le comte de Leicester semblait n'avoir plus rien à craindre ni à désirer ; mais ni le caractère de Simon de Montfort, ni l'état même de sa fortune ne pouvaient faire durer longtemps le bon accord avec Henri III. Egoïste comme tous les grands ambitieux, Simon n'était pas de ceux à qui la reconnaissance est douce; né pour commander, parvenu sur les degrés mêmes du trône, si haut qu'il ne paraissait pas pouvoir monter davantage, il voulait