‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 12 sur 232 · Mat. Paris, III · texte numérisé non relu

Mat. Paris, III

Quels que soient les motifs qui dirigèrent Henri III dans cette circonstance, qu'il ait voulu réparer une faute commise ou faire tout simplement, comme on dit, un coup de sa tête en donnant de sa propre autorité la main de sa sœur à un de ses conseillers intimes \ cette conduite, en tous cas malhabile, allait déchaîner une tempête parmi les grands du royaume. Le roi n'avait-il pas juré à maintes reprises de ne prendre aucune décision importante sans demander leur avis, et les barons n'avaient-ils pas un légitime droit de contrôle sur le mariage de la plus noble héritière de l'Angleterre ? Aussi, quand le mariage d'AUénor fut connu, montrèrent-ils une vive irritation ; leurs plaintes, qu'appuyaient énergiquement les bourgeois de Londres, furent présentées au rôi par son propre frère, Richard comte de Comouailles, le plus riche seigneur de la chrétienté. Le roi, selon sa coutume, céda : au parlement réuni à Londres le 8 mars, il jura de ne plus rien faire sans l'assentiment de son conseil '. Simon de son côté parvint à fléchir par ses prières et ses présents la colère de Richard ; mais cette « défection » accrut encore la colère des barons : de concert avec une partie du clergé, ils firent entendre bien haut que le mariage d' Aliéner était illégitime, puisqu'il avait été conclu au mépris du vœu fait par la comtesse ^

L'accusation n'était peut-être pas fondée, mais, pour ne pas perdre les avantages que lui promettait une si belle union, le comte de Leicester résolut d'aller chercher son pardon à Rome. Il partit avec des lettres patentes du roi adressées au pape et aux cardinaux « au sujet de certaines affaires concernant l'honneur et l'intérêt du roi et du royaume » (27 mars 1239)*. Ainsi recommandé au souverain pontife, appuyé encore auprès de celui-ci par l'empereur Frédéric II % alors dans tout l'éclat de la puissance que

1. C'est ce qui semblerait résulter de ce que dit Paris, III, p. 476.

2. On yerra plus loin qu*il faut distinguer le conseil privé du roi, dont Simon faisait, on l'a vu, partie au moment de son mariage, du conseil politique, composé des grands du royaume et chargé de contrôler Taction du pouvoir royal.

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