Annales de Dunstable, p
7. Les Annales d'Osney ajoutent même celle du roi, ce qui est invraisemblable. Henri III écrivait en effet à Louis IX (25 septembre), que Simon de Montfort venait d'arriver en France • avec des desseins cachés v, et il le priait de ne permettre ni au comte, nia personne autre c de rien entreprendre au détriment de ses droits i. Rymer, à la date du 2 septembre, Green, Lives of the princ, II, p. 121, donne la date du 25 septembre, qui convient beaucoup mieux, d'après les Mis-
Ch. Bémont. Simon de Montfort.
retira sur le continent, disant qu'il voulait aller en Terre Sainte.
Après avoir ramené à lui l'un des chefs de la Révolution et contraint l'autre à s'exiler, Henri III poussa résolument ses avantages. Craignant peut-être que Simon n'essayât une attaque de vive force avec une armée recrutée sur le continent, il fit de grands préparatifs de défense^; il remania l'administration intérieure en reprenant le droit de nommer les shériffs et autres fonctionnaires * ; il ordonna de nouvelles tournées de juges itinérants où étaient tenus d'assister, comme par le passé, et sans doute sous peine des mêmes amendes, les archevêques, évêques, abbés et prieurs, les comtes, barons, chevaliers et libres tenanciers, quatre hommes et le prévôt de chaque village, douze bourgeois de chaque bourg (22 février 1262)'; il obtint du nouveau pape Urbain IV d'être relevé de ses serments, comme il l'avait déjà obtenu d'Alexandre IV (25 février) * ;
cellaneous Exchequer documents temp. Henrici III , au Chapter House de Westminster.
i. Les rôles des lettres closes pour octobre et novembre 1261 sont remplis d'ordres relatifs à des levées ordonnées en pays étrangers : de Flandre, le roi appelle d'abord 50 chevaliers, puis tly puis le comte de Saint-Pol avec plus de 120 chevaliers. Un de ceux-ci, le comte de Bar, Thibaut, devait amener le plus grand nombre possible d'habiles arbalétriers. Tous devaient se trouver a Douvres, à la Toussaint, ou au lendemain de cette fête. — De Gascogne, il appelle Gaston de Béarn, lui 10® de chevalier, avec le plus d'arbalétriers possible, ses frères les Poitevins, chacun avec 9 chevaliers, Gaillard Delsoler et Bertrand de Ladils, avec de bons arbalétriers. — De Bourgogne, il fait venir Richard de Montbéliard, etc. — En Angleterre même , il convoque 1 50 barons oui devront se trouver à Londres le 29 octobre, et ordonne à 36 abbés d'y envoyer leurs gens d'armes. Rot, claus.^ anno 45, m. 4 et 3, dorso.
2. Vojez la sentence prononcée par le roi de Germanie, dans Rymer, 29 janvier 1262; les barons demandaient seulement que les shériffiB fussent nommés par le roi sur l'avis de son conseil, et pris parmi les gens (les chevaliers?) du comté; Richard décide que le roi ne doit pas être gêné dans la liberté de ses choix. Il pourra prendre ceux qu'il voudra à partir de la prochaine Saint- Michel.
3. • Commune iter justiciariorum régis ad communia placita in comitatibus supradictis... > Bot, claus., anno 46, m. 16, dorso. — A cette époque, le grand juge d'Angleterre n'était plus Hugues Bigod, mais Pnilippe Basset, un des anciens conseillers du roi. Kymer. 29 janvier
4. Rymer. Le 20 mars, le roi accrédite auprès du pape Guillaume de Aette (sic), chevalier, pour l'entretenir de l^lîaire d!e la Croisade dont il a été fort détourné, • presertim cum varia nobis impedimenta paraverint regni nostri turbacio dudum suborta, et nostrorum rebellio sub-
enfin, jetant le masque, il fit publier dans tous les comtés d'Angleterre (2 mai 1262) une circulaire par laquelle il annulait formellement les Provisions d'Oxford, violées, disait-il, par leurs auteurs mêmes, et deux fois condamnées par le Saint-Siège. II promettait, à la vérité, justice égale pour tous grands et petits, et s'engageait à observer la Grande Charte et celle de la forêt*.
Que restait-il à régler aux arbitres nommés le 21 novembre? Il fallait recommencer la lutte ou se soumettre. C'est ce dernier parti que prirent les barons : vers la Pentecôte (28 mai), ils firent la paix avec le roi*, et bien que l'on n'en connaisse pas les conditions, est-il douteux qu'elles aient été très onéreuses? Ceux qui l'acceptèrent ne renonçaient-ils pas en même temps aux Provisions d'Oxford?
Cette paix marque un temps d'arrêt dans l'histoire des troubles de l'Angleterre. Depuis quatre ans, une double évolution s'était produite. En 1258 et 1259, la royauté, débordée par le flot révolutionnaire, n'avait cessé de reculer; elle avait été mise en tutelle par les barons. Puis, soulagée de l'inutile fardeau de la guerre de Sicile, rassurée du côté de la France, enrichie par les complaisances exagérées de saint Louis, elle avait lentement remonté le courant; elle venait de l'arrêter. L'opposition était brisée.
On vit alors quelle place considérable Simon, quoique en exil, tenait en Angleterre. Il refusa d'accepter le traité de mai% et son refus laissa tout en suspens. Une troisième période s'ouvre maintenant; elle se terminera par le triomphe du comte de Leicester à la bataille de Lewes.
Tant que Simon restait insoumis, la victoire de Henri III ne pouvait être complète. Il s'était retiré en France*,
ditorum quos nobis, ut speramuSf jam virtus divina reddidit Atimtliatos 1. àot, dans., anno 46, m. 14, d.
1. Bot. clau8,y anno 46, m. 11, d. M. Prothero rapporte à Tannée 1261-62 un poème en latin où se trouve exprimée la vive émotion qu*excita Tannulation des Provisions d'Oxford. Page 238. M. Wright, qui l'a publié dans ses Political songs, p. 121, le rapporte aux événements de 1264-65.