‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 143 sur 232 · Annales de Dunstable, p · texte numérisé non relu

Annales de Dunstable, p

8. D'après les Annales de Worcester, Simon de Montfort et les barons demandaient avec insistance c quod nove provisiones et constitutiones apad Oxoniam édite, per regnum Anglie essent divulgate et in singu-

Edouard se retira dans Windsor avec son père et ses partisans; puis, reprenant brusquement l'offensive, les royalistes se dirigèrent à marche forcée contre Douvres ; ils trouvèrent la place trop bien gardée pour qu'un coup de main fût possible, et remontèrent du côté de Londres. Simon les y devança, rentra dans la ville, non sans peine, avec l'appui des « ribauds » et se vengea cruellement des bourgeois qui pendant quelques heures lui avaient fermé les portes ^ Les barons se maintenaient donc dans leurs positions.

Mais cette fois encore la défection se mit dans leurs rangs. Déjà le jeune comte de Gloucester était mal d'accord avec Simon de Montfort, le rival de son père et le sien. On accusait, non sans raison, le comte de Leicester de profiter des circonstances pour s'enrichir. N'avait-il pas pris une grosse part du butin fait sur les Juifs de Londres i N'avait-il pas attribué à son fils une partie des terres confisquées après la fuite de Jean Mansel ? Ne protégeait-il pas des étrangers en Angleterre, alors qu'il en chassait et dépouillait d'autres'? Henri d'Allemagne, fils de Richard de Cornouailles, fut un des premiers à l'abandonner. Il alla trouver son oncle Simon de Montfort. « Je ne puis, dit-il, combattre plus longtemps contre mon père le roi de Germanie, contre mon oncle le roi d'Angleterre, contre tous mes proches; c'est pourquoi, sire comte, si vous le permettez, je vous quitterai, mais je ne porterai jamais les armes contre vous. » — « Messire Henri, lui répondit le comte, ce ne sont pas vos armes que je regrette, mais l'inconstance que je vois en vous. Allez donc, et revenez contre moi avec vos armes; je ne les crains pas. » Un grand nombre de barons, « aveuglés par les présents » qu'on leur fit, suivirent l'exemple de Henri d' Allemagne ; et tout fut, une fois de plus, remis en question'.

lis comitatibus recitate ■. C*est ce qui avait eu lieu en 1259; mais en 1263, le roi et ses partisans s*y refusèrent avec indignation; ■ unde lamentabilis et miserabilis orta est discordia ». P. 449.

1. Rishanger, p. 16; Annales de Dunstable, p. 226. Ces Annales parlent d'un Parlement que Henri III aurait songé à réunir à Reading; mais Simon, « craignant d'être arrêté », n'eut garde de s'y rendre.

2. Ces griefs sont relevés dans une intéressante lettre d'un « Anglican us quidam fîdelis » aux barons anglais, pour les prévenir des dangers qui les menaçaient. Annales de Tewkesbury, p. 179.

3. Rishanger, Continuât., p. 992. A la défection de Henri d'AUe-

Les barons voulurent alors renouveler la tentative rëvolutionnaire de 1261 : pendant que Henri III essayait de tromper le peuple sur ses actes et sur ses intentions \ ils firent expédier dans tous les comtes des ordres pour la levée de taxes extraordinaires, afin d'équiper dans chaque village {villatà) quatre ou cinq hommes d'armes *. Ils faisaient ainsi acte de souverains en substituant leur autorité à celle du roi; mais était-ce une preuve de leur force, ou un signe de leur épuisement? Comptaient-ils sur la faveur populaire, ou se sentaient-ils à bout de ressources? Cette dernière hypothèse paraît être la plus vraisemblable. Leurs récents succès étaient avant tout négatifs. Sans doute, après un double échec à Douvres et à Londres, Henri III avait dû rétrograder jusqu'à Oxford ; mais il n'avait pas été vaincu. Les forces des deux armées étaient à peu près égales, égale aussi leur lassitude. Cette situation indécise ne pouvait aboutir qu'à un compromis. Mais les barons firent preuve une fois de plus d'inintelligence politique : Entre toutes les solutions possibles, ils choisirent peut-être la plus défavorable : ces gens, tout à l'heure si entreprenants, se résignèrent tout à coup à invoquer l'arbitrage du roi de France, et le prièrent (13 décembre 1263) de prononcer entre eux et leur souverain sur toutes les questions

magne se rapporte le poème en latin : c Plange plorans, Anglia ! » Je n*en rappellerai que la 3« strophe :

Cornes s. de Muntfordj vir potens et fortiSi

Pungna nunc pro patna, sisque dux cohortisl

Non te mine terreant, neque timor mortis!

Rem défende pupplicam, resqae tue sortis t

tu, cornes Le Bygot

Wright, PoL songs and poems ; Rishanger's chronîcle (Camden Society), p. 19.

1. Le 8 décembre 1263, il fit proclamer que, contrairement aux bruits calomnieux répandus par ses ennemis, il n'avait jamais eu la

Sensée de rappeler les étrangers en Angleterre ; • que sa marche sur ^ouvres en était la meilleure preuve >; et il invita les bourgeois et la commune de Londres à chasser le comte de Leicester et ses partisans. Shirley, Royal letters, II, 250.

2. Lettre circulaire de Henri III aux archevêques, évêques, prieurs, comtes, hommes libres et tous autres des comtés de WarwicK et de Leicester; il renouvelle tout d'abord les protestations qu'il avait faites dans sa lettre du 8 décembre, et il ajoute : « comme des tailles inaccoutumées ont été levées dans leurs comtés, sans leur consentement, pour éauiper 4 ou 5 hommes pris dans chaque villata, et les mener contre les étrangers, le roi proteste... » Des lettres semblables furent envoyées dans tous les comtes du royaume, et les shériffs durent leur donner la plus grande publicité {Rot. pat., anno 48, m. 2, d.).

soulevées par les Provisions d'Oxford \ C'était un clair aveu d'impuissance ; aucun article de ces Provisions, pas même, quoi qu'on en ait dit % la clause relative aux étrangers, ne fut réservée ; les barons s'en remettaient purement et simplement au jugement du roi de France. Le comte de Leicester ' mit lui-même son sceau au bas de cet acte, singulièrement imprudent s'il était sincère, honteux si les barons, en donnant leur parole, avaient l'arrière-pensée d'y man-» quer en cas d'échec.

L'avantage que les barons donnaient sur eux était trop évident pour que le roi ne se hâtât pas d'en profiter : il approuva la Charte du 13 \ et fit ses préparatifs pour passer en France avec les délégués nommés par les barons. Avant de partir, et pour enlever à ceux-ci toute raison de soulever des troubles pendant son absence, il crut politique de leur donner des garanties. Le 20 décembre, il fit adresser à tous les archevêques, évéques, abbés et prieurs du royaume, aux comtes, chevaliers, hommes libres et autres de ses comtés, une habile circulaire qui peut se résumer ainsi : a Le roi s'émeut et s'étonne des bruits que l'on fait courir contre lui. On l'accuse de vouloir déshériter ses barons, de songer à introduire des étrangers dans le royaume ; rien n'est plus faux. Des impositions extraordinaires et non consenties ont été levées pour équiper une armée destinée à combattre les étrangers; mais qu'en est-il besoin*? Là majorité des barons est fidèle au roi qui, avec leur aide, saura bien repousser les invasions que l'on redoute. Que personne ne paie donc ces impôts ; que personne ne prenne les armes. Quant au roi, il est décidé d tenir le serment qi/il a prêté d Oxford, et à respecter les droits et les Ubertés de ses sujets ))\ Cette promesse spécieuse, mais mensongère,

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