Rot, claus.j anno 48, m. 9, d
2. M. Prothero discute les raisons qui peuvent expliquer ce qu'il appeUe, à tort je crois, le changement de politique du roi de France en cette circonstance ; p. 258.
nommerait de même à tous emplois de conseillers, de jugés ou de shériffs; qu'enfin les étrangers pourraient rentrer dans le royaume. En un mot, toutes les garanties obtenues par Faristocratie en 1258 et en 1259 lui étaient enlevées; mais les privilèges, chartes, libertés, statuts antérieurs aux Provisions devaient être maintenus dans leur intégrité * .
Ainsi le triomphe du roi était complet; pas la moindre satisfaction n'était accordée à ses adversaires ; le fruit de cinq ans de luttes était anéanti ; la place que la Constitution de 1258 donnait aux barons, non seulement ils allaient la perdre, mais ils allaient encore la voir prendre par les étrangers rappelés dans le royaume malgré les promesses royales, et mal disposés, on pouvait à bon droit le croire et le craindre, à user avec modération de leur victoire ! Il serait oiseux de se demander si cette sentence était juste ; mais il est difficile de ne pas admettre qu'elle était imprudente, car elle plaçait les barons dans la cruelle alternative, ou de souscrire à leur abdication politique, ou de manquer à leurs serments en refusant d'exécuter la sentence. Contre l'arrêt d'un arbitre, il n'y a d'ordinaire pas d'appel ' ; il ne reste au perdant que le recours à la force. Le jugement d'Amiens, au lieu de mettre fin aux troubles de l'Angleterre, donna le signal d'une nouvelle guerre civile.
1. Stubbs, Select Charters, p. 406, d'après Rymer. La plupart des chroniques du temps parlent de la célèbre sentence d'Amiens.
2. Les barons en appelèrent cependant. Annales de Worcester, p. 448.