‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 148 sur 232 · Rishanger, tôtrf., p. 29. Annales de Waverley, p · texte numérisé non relu

Rishanger, tôtrf., p. 29. Annales de Waverley, p

4. Plusieurs chroniques, celle de Battle entre autres, rapportent que Simon se prépara par des dévotions à la bataille. Voy. à rAppendice. — Avant la bataille, Simon arma chevalier Gilbert de Clare; ibid, — M. Halliwell, loc, cit., p. 128, a réuni en note de nombreux extraits de chroniques sur la bataille de Lewes. Le moulin où Richard de Cornouailles se réfugia à la fin de l'action était encore appelé au xviiP siècle, t King Harry*s mill »; ibid,, p. 135.

gros de son armëe ; mais il y place les miliciens de Londres, sur qui l'on ne pouvait guère compter. Quant à ses chevaliers, il les divise en deux corps qui forment les ailes destinées à se rabattre sur l'ennemi si celui-ci, comme on Tespère, attaque le centre avec le gros de ses forces et parvient à l'enfoncer. C'est ce qui arrive : Edouard, chargé de l'attaque principale, se précipite avec furie sur le centre ennemi; au premier choc, il met en déroute les miliciens et gravit la colline sur leurs talons, mais il se laisse imprudemmenl emporter par son ardeur et poui'suit au loin les fuyards ; aussi, quand il ramène ses cavaliers, au lieu d'une victoire, trouve-t-il la défaite. Simon avait en eflTet mis le temps à profit; il était tombé à l'improviste sur la seconde ligne des royalistes, l'avait enveloppée avec ses gens bien supérieurs en nombre, et fait prisonniers, comme d'un coup de filet, Henri III, son frère Richard, son neveu Henri d'Allemagne. C'est au milieu de cette confusion que revient Edouard; ses cavaliers, voyant la bataille perdue, l'abandonnent; poureuivis par les vainqueurs, beaucoup périssent tués ou noyés *.

Cette victoire, plus complète que Simon n'eût jamais osé l'espérer, lui permettait de dicter ses volontés : dans la nuit qui suivit la bataille, on traita. Le roi jura d'observer la Grande Charte et la Charte de la foret, ainsi que les Provisions d'Oxford, modifiées à dire d'arbitres; mais, instruits par la leçon qu'ils avaient reçue aux conférences d'Amiens, les barons déclarèrent qu'en tout état de cause, ces arbitres ne pourraient désigner que des Anglais pour former le futur conseil du roi; quant à ces conseillers, ils seraient spécialement chargés de rendre la justice et de nommer les officiers inférieurs. Le roi dut promettre en outre de restreindre ses dépenses et de se contenter des revenus de' ses domaines. Enfin, une amnistie pleine et entière était accordée aux comtes de Leicester et de Gleucester. Comme gage de sa parole, Henri III donna deux

1. Rishanger, ibid., p. 32 et p. 136 (Notes). Annales de Dunstable, p. 232; de Wykes, p. 150. — Le roi remit son épée à Gilbert de Clare, non à Simon de Montfort, ■ quoniam dominus S. de M. ejus animo displicuit •. Annales de Waverley, p. 357. — Cf. la Chronique de Battle, à TAppendice. Il y eut un second engagement fort vif dans la ville de Lewes, où s'étaient enfuis Hugues Bigod et le comte de Varenne ; tbid.

otages, son fils Edouard, qui se livra le 16 mai et son neveu Henri qui ëtait déjà prisonnier; ils devaient être mis en liberté aussitôt que la paix définitive serait signée, et s'ils juraient de Tobserver*.

Tel est Tacte devenu célèbre sous le nom de Mise de Lewes. On en voit toutes les conséquences : le terrain perdu pied à pied par les barons, après trois ans de luttes obscures, était regagné en un instant, par un coup inattendu de la fortune. Si Ton ne remettait pas en vigueur la Constitution trop compliquée de 1258, on en adoptait les principes comme base de la constitution nouvelle. Encore une fois, le pouvoir était enlevé aux étrangers et le roi remis sous la tutelle de ministres qu'on lui imposait. Enfin l'avenir n'était pas livré à l'aventure : les arbitres étaient tous plus ou moins favorables au comte de Leicester% et il y avait tout lieu de croire que, sous sa puissante influence, le Parlement tiendrait à honneur de défendre sa politique. Ces prévisions étaient justes, et l'événement le prouva.

Il appartenait maintenant aux vainqueurs de réorganiser le pays bouleversé par cette guerre civile qui durait depuis quatre ans. On alla d'abord au plus pressé. Tandis que les prisonniers faits à Northampton étaient mis en liberté', ceux de Lewes étaient distribués dans diverses places fortes, et tenus sous bonne garde*. Partout, Simon de Montfort s'empresse de nommer des fonctionnaires de son choix. A ses fils, il réserve les postes de confiance : Henri de Montfort devient gouverneur des Cinq-Ports et trésorier de Sandwich * ; à Gui est donnée la garde des comtés de Devon et de Comouailles, avec les forteresses et les revenus du

1. Rishanger, ibid»^ p. 37. Chronique des maires de Londres^ p. 65.

2. C'étaient Tarchevèque de Rouen, Tévèque de Londres, Pierre Chambellan et le justicier d'Angleterre. Rishanger, p. 37.

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