‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 15 sur 232 · Mat. Paris, III · texte numérisé non relu

Mat. Paris, III

jouer dans l'État un rôle actif, dominateur ; mais était-ce possible en restant dévoué à un roi qui voulait régner en maître, et ne pouvait être qu'un maître vain et brouillon? Enfin, si le comte de Leicester avait lieu de se réjouir de la complaisance royale, il avait aussi de légitimes sujets de plaintes. La splendeur de sa fortune cachait bien des misères : sans doute on lui avait rendu son comté, mais ruiné ; ceux qui Pavaient eu en garde de 1207 à 1231 en avaient épuisé les revenus, engageant les terres, coupant les bois, gaspillant en un mot le bien qu'ils étaient chargés d^administrer*. Sans doute Simon avait été investi de la charge de sénéchal, qui était attachée héréditairement au titre de comte de Leicester, mais le roi avait retenu plusieurs des prérogatives qui en dépendaient*. Sans doute, Henri III lui avait donné sa sœur en mariage, mais sans dot; le douaire même de la comtesse, lui était disputé par les héritiers du comte de Pembroke, et Simon se plaignait de sa pauvreté comme d'une injustice'. Le premier orage qui éclaterait entre le roi et son beau-frère devait les brouiller à jamais, faire regretter à l'un les grâces accordées, et oublier à l'autre les bienfaits reçus. L'occasion ne se fit pas attendre.

A une époque difficile à précis.er, Simon avait emprunté de Pierre Mauclerc comte de Bretagne la somme considérable dé 2,800 marcs d'argent; à l'échéance (1237), cette somme n'avait pas été remboursée *, et Pierre de Bretagne se déclarait incapable de partir, comme il en avait fait vœu, pour la Croisade si laborieusement préparée par Grégoire IX; de là vif mécontentement du pape; il ordonne à Simon de payer au plus tôt, sous peine d'excommunication et d'interdit. Simon, nous l'avons vu, était fort be-

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