‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 21 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Simon de Montfort en Gascogne, (1248-1254.)

Pendant toute la première moitié du xiii* siècle, la Gascogne fut pour le roi d'Angleterre une source continuelle de soucis. Le pays entier était en proie aux discordes ; l'activité commerciale, en développant la richesse publique, avait rendu les habitants turbulents ; la longue minorité dé Henri III (1216-1225), et la faiblesse desoïi gouvernement personnel, les avaient enhardis encore. Dans les campagnes, les seigneurs se croyaient tout permis ; ils rançonnaient les marchands avec une audace d'autant plus grande qu'elle était impunie. Les villes s'étaient émancipées ; elles avaient obtenu, de gré ou de force, des privilèges municipaux ; les principales formaient de véritables républiques pour lesquelles l'Angleterre était avant tout le pays où elles pouvaient le plus avantageusement écouler leurs vins, et le roi un maître trop éloigné pour être redoutable. Comme dans les communes lombardes, les partis s'y disputaient le pouvoir avec acharnement*. A Bordeaux, les Rostein et les Colon étaient ennemis déclarés, et leurs querelles partageaient la ville en deux camps. A Bayonne, en face de l'aristocratie qui voulait réserver à quelques familles privilégiées les charges municipales, on voit très nettement se dresser le parti démocratique, recruté surtout parmi les gens de mer*. Dax, La Réole oflfraient le spectacle des mêmes dissensions.

1. Ce rapprochement entre les communes lombardes et gasconnes se retrouve dans des textes, un peu postérieurs, il est vrai. Voy. dans les Notices et extraits des mss., vol. XIV, l'analyse du manuscrit de Wolfenbûttel, par M. J. Delpit. Cf. Giry, Les Etaolissements de Rouen,

2. Voyez les Etudes sur Bayonne, par MM. Balasque et Dulaurens,

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