‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 24 sur 232 · Mat. Paris, V · texte numérisé non relu

Mat. Paris, V

ménager un homme dont ils avaient été tant de fois les victimes ' .

Si le comte de Leicester ne voulait pas attaquer de front Gaston de Béam, il fit tous ses efforts pour l'isoler. La prise de Mauléon et de Gramont commençait l'exécution de ce dessein ; le comte le poursuivit en prenant un ferme appui en Bigorre.

Gaston de Béarn convoitait depuis longtemps l'héritage de sa belle-mère, la vieille comtesse Perronelle, veuve alors de son cinquième mariV Sa femme lui avait apporté en dot la vicomte de Marsan et tout ce qui pouvait revenir de son père Boson de Matas dans le Chabanais, à Confolens et dans le Limousin; il voulait y joindre le comté de Bigorre, au détriment des filles et des petits-enfants de Gui de Montfort'. L'arrivée de Simon en Gascogne mit un brusque arrêt à ces projets et à ces convoitises. Simon se fit en effet donner par la comtesse Perronelle la garde de la Bigorre, moyennant une rente annuelle de sept mille sous morlans; elle morte, le comte posséderait le comté «jusqu'à ce qu'il fût rentré dans les dépenses qu'il aurait faites pour le défendre * » . Maître ainsi du pays, Simon surveillait Gaston de Béarn sur sa frontière orientale, comme il le contenait déjà au Nord et à l'Ouest.

Il fit plus : il s'efforça de rompre toutes relations, soit politiques, soit commerciales, entre le Béarn et la Bigorre %

Page 1