‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 23 sur 232 · Mat. Paris, V · texte numérisé non relu

Mat. Paris, V

4. Etudes sur Bayonne, II, p. 591 ; cf. Shirley, Boyal letters^ II, 61.

5. 4,000 seulement, parait-il, furent payés. Royal lettersy II, 75. App. n» 28.

deaux ; mais les lieutenants du roi étaient toujours venus à Saut; c'est eux qui les premiers juraient de respecter les privilèges de la ville; alors, mais seulement alors, les bourgeois lui prêtaient le serment de fidélité. Tel était le droit de Saut et de mainte autre ville; mais qu'importait au comte de Leicester? On Tavait envoyé moins pour gouverner le pays que pour châtier des rebelles ; c'était le droit de la guerre qu'il devait exercer, non le droit de la paix qu'il devait respecter. Il répondit avec hauteur aux bourgeois de Saut qu'il n'en aurait jamais fini, s'il fallait aller ainsi de ville en ville prêter et recevoir les serments d'usage, et il les força de lui envoyer des députés à Saint-Sever. Deux d'entre eux avaient déjà, parait-il, refusé en 1242 de prêter au roi le serment d'hommage^ ! Simon les retint auprès de lui pendant plus d'une année ; uue enquête sur leur conduite, remontant jusqu'en 1225, alors que Richard de Cornouailles était sénéchal de Poitou et de Gascogne, ne produisit aucune charge contre eux; ils n'en furent pas moins mis à rançon. Quant au bourg de Saut, il fut enlevé les armes à la main par les gens du comte.

Le vicomte de Béarn n'osait bouger, il savait que beaucoup de gens, et surtout les bourgeois de Dax, avaient porté plainte contre lui; mais Simon ne cherchait pas la guerre avec « le plus haut homme du pays » , qui en outre était oncle de la reine d'Angleterre ' ; il crut faire acte de bonne politique en lui accordant une trêve'. Peut être avait-il tort, mais les Dacquois, qui demandaient justice et une justice rigoureuse, jetèrent les hauts cris, en voyant Simon

1. C'était Guillaume-Arnaud de Brocas, et Guillaume-Narsie de Naude ; ils prétendaient qu'ils relevaient de Marie- Bertrand, fille et seule enfant, alors (en 4242) en bas-àge, de leur suzerain défunt; mais Amanieu d'Albret, tuteur de la jeune héritière, avait transmis au roi les droits de cette tutelle, et les bourgeois de Saut avaient dû céder. Plus tard, Gaston de Béarn, au mépris des droits du roi, avait fait épouser rhéritière de Saut à Garsie-Arnaud de Navailles, et les bourgeois avaient juré aux époux de les aider à recouvrer 1 intégrité de leurs droits. — Tels sont les faits de la cause, tels du moins qirils paraissent ressortir des pièces publiées en appendice n® 15. — Cette affaire ne fut définitivement arrangée au pront du prince Edouard, fils aine de Henri III, qu'en 1262; voy. Bibl. nat., Gaigniéres, n® 20,685, p. 7.

2. Sa mère, Garsende, avait en effet eu Gaston d'un second mariage. En premières noces, elle avait eu Raimond Béranger, comte de Provence, père de la reine Aliénor. Voyez Marca, Hist, de Béarn, p. 588.

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