Mat. Paris, V
3. Ils portaient en Angleterre les doléances de la province, rédigées dans une assemblée plénière de la cour de Bordeaux. L'archevêque de Bordeaux était leur chef. Mat. Paris, V, 284, 287. Ces plaintes, nous les avons ; une partie a été publiée dans les Etudes sur Bayonne ; on en trouvera un grand nombre en appendice, n<>* 43 à 28 ; 34 à 37.
4. Appendice n» 36. Cf. lettre 30 d'Adam de Marsh, et Paris, V, 287.
5. Il ne peut être inutile d'insister, au moins en note, sur ces agents inférieurs dont les excès étaient reprochés au comte à l'égal de ses propres injustices. — Le Balliims, que les plaintes des Gascons aident a nous faire connaître, est un officier qui, comme le bailli en France, réunit tous les pouvoirs : il lève les impôts, rend la justice, assemble et mène à la guerre les hommes des communes ; il achète son office du comte et peut sous-louer à des baillis inférieurs la perception des impôts. Plusieurs textes semblent prouver que la circonscription des bailliages était la même que celle des diocèses. — Baillis et son»-
qu'il leur avait imposée^ les bourgeois qui réclamaient le rétablissement de leurs privilèges municipaux, les trois ordres de la province, qui protestaient contre les empiète* ments du comte sur leurs droits ; tous ceux enfin, petits ou grands, qui avaient ou croyaient avoir des griefs contre Simon de Montfort, avaient envoyé leurs plaintes longuement rédigées, ou se trouvaient en personne devant les prélats et barons anglais qui allaient être leurs juges. Les uns estimaient en livres et en marcs les dommages, moraux ou matériels, qu'ils avaient éprouvés; tel autre ajoutait à la liste de ses griefs de mystérieux sous-entendus qu'il feignait de n'oser expliquer tout haut ; d'autres enfin réclamaient ouvertement la destitution du sénéchal. « Nous supplions Votre Majesté, disaient au roi les députés de Bazas, d'éloigner le comte de la Gascogne, de lui en défendre à jamais l'entrée, et d'y envoyer, si vous ne voulez pas venir vous-même, votre fils Edouard, notre seigneur, qui nous trouvera tous en paix^ » De même ceux de Bayonne : « Au nom de la fidéhté que nous vous devons, nous vous conseillons de ne pas renvoyer en Gascogne le comte de Leicester, car ce serait pour vous, pour votre province, un grand dommage et un grand péril ; mais nous vous supplions d'y venir en personne ou de donner la Gascogne à votre fils aîné, afin qu'il la défende et la conserve pour votre honneur et votre profit '. » Les derniers mots des doléances du Béarnais sont une menace : « Voilà » , disent les procureurs de Gaston, <« voilà les faits dont notre maître a personnellement à se plaindre ; il demande humblement
baillis excitèrent contre eux les plaintes les plus vives. A Gosse, le bailli de Dax écrasait les gens d'impôts, violait leurs libertés et leurs coutumes, renvoyait leurs procès de session en session, les contraignait à prendre les armes trois ou quatre fois Tan. Plusieurs fois ils allèrent le prier de les traiter avec plus de douceur. • Allez vous plaindre au roi >, leur répondait le bailli, • pour nous, nous avons acheté notre charge fort cner, et nous n'épargnerons rien pour rentrer dans notre argent. « — Ce sont les petites gens surtout qui avaient à souffrir du zèle et de Tàpreté de ces agents subalternes; contre les gens puissants, Simon de Montfort employait les prévôts, il en établit à Castillon, a Saint-Emilion, à Bayonne. Ayquelm de Lesparre se plaignit, comme d*un fait sans précédent, que le comte eût établi un prévôt sur ses terres; Gaston de Béarn formula une plainte analogue. Voy. Revue historique, IV, p. 261 et suiv.