‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 58 sur 232 · Bracton, ibid., p · texte numérisé non relu

Bracton, ibid., p

4. Voy. l'explication de tous ces mots dans le glossaire de Schmid, die Geselzc der Angehachsen.

5. Bracton; ihid. Cf. Schmid., op. ni., au mot Rechtsbûrgschaft: Stubbs, I, 400; Gneist, p. 137.

le shëriff doit s^assurer de Tétat de ces cautions ; le seigneur qui a le droit de frankpledge en fait autant dans sa court-leet pour tous les hommes de son fief.

Tous les grands vassaux du roi sont loin de posséder tous ces privilèges de justice ou de police; ils ne sont même pas nécessairement attachés à la possession des honneurs ou des baronnies ; le roi pouvait les donner avec la terre ou se les réserver. Simon de Montfort en jouissait-il ? C'est vraisemblable, mais je ne saurais en donner la preuve*. Quelques documents nous parlent de ses baillis*, de son sénéchal', mais sans fournir aucun détail précis sur leur administration ; ce n'est pas là une des lacunes les moins regrettables qui rendent la biographie du comte de Leicester encore si imparfaite.

Quoi qu'il en soit, on peut se faire maintenant une idée de ce qu'on désignait au xiii" siècle en Angleterre par le mot de « honneur » et en particulier de l'importance des biens possédés par le comte de Leicester. Ce n'est pas tout cependant. Soit de son propre chef, soit au nom de sa femme, Simon de Montfort avait sur le continent des terres, des droits ou des prétentions qu'il importe aussi de connaître.

Avant la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste, les comtes de Leicester avaient, dans ce pays d'où ils étaient originaires, des vassaux et des domaines^;

i. On cite une charte du roi Jean de 1200, oui confère au comte de Leicester, Robert IV, de grands privilèges; (Merewether et Stephens, I, p. 223) ; mais nous ne savons pas les termes exprès de la restitution du comté à Simon de. Montfort par Henri III.

2. 15 janvier 1251, ordre au shériff du comté de Southampton de laisser lès baillis du comte de Leicester jouir des libertés • de returno brevium régis in manerio et hundredo de Odiham habendo », dont lesdits baillis avaient joui auparavant. Bot, clans. ^ anno 35, m. 20. .— Cf. ia lettre 18 d'Adam de Mar^h où il est question des baillis du comte appelés en justice devant Tévèque de Lincoln (125*2).

3. En 1250, le sénéchal du comte était Richard de Havering. Vo ez la lettre 143 d'A. de Marsh, p. 276. Nous retrouverons ce Richard

Sarmi les témoins d'une charte de Simon de Montfort publiée à TAppenice, n» 44. Voy. dans Mat. Paris, à l'année 1257, le récit d'un procès porté < coram rege et magnatibus », au sujet d'une invasion faite par Guillaume de Valence sur les terres de Simon de Montfort et repoussée par le sénéchal du comte. V, p. 634 et 677.

4. On en trouvera plusieurs indiqués ^\x Cartulaire twrmand \i\xh\\é par M. L. Delisle dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie^ seconde série, t. VF. — Voyez auss»*. dti même, le Cota- ' ogve des A rtes de Ph if ippe- . \ uqtiMe .

Robert IV étant reste fidèle au roi Jean dut, avant de mourir, voir ces fiefs confisqués par l'heureux roi de France; ils furent dès lors perdus à jamais pour ses successeurs. Le nom de « Fief du comte de Leicester » continua pendant quelque temps encore, de désigner un fonds de terre, bâti de maisons particulières, qui se trouvait à Rouen près de la Porte-Massacre (c'est-à-dire de la Boucherie) et de l'église N.-D. de la Ronde; mais ce fief, acquis de Philippe-Auguste par les bourgeois de la ville en 1220, n'a plus désormais rien à voir ni avec Simon de Montfort, ni avec aucun de ses successeurs * . Lorsque le traité signé à Paris en 1259 rétablit la paix entre la France et l'Angleterre, Louis IX donna-t-il au comte de Leicester une indemnité pour les fiefs confisqués depuis plus d'un demi-siècle ? Est-ce pour cela qu'il lui donna une rente de 500 liv. par. de rente, dont une partie était assise « en la ville et es rentes de Rémi*? » Nous ne savons; mais ce petit fait méritait de n'être pas laissé dans l'oubli : ce nom de Rémi, ville et seigneurie au comté de Clermont en Beauvaisis, ne rappelle-t-il pas en efiet le souvenir de Philippe de Beaumanoir qui fut peut-être page au service de Simon de Montfort vers 1263-1265^?

La conquête française avait en outre fortement compromis les droits éventuels de la comtesse Aliéner à la succession de Jean sans Terre sur le continent ; on le vit bien, lorsqu'on 1258 la conclusion définitive de la paix faillit être empêchée parles réclamations d'Aliéner; elle fut tout au moins retardée : la renonciation pleine et entière de la sœur de Henri III fut, on le verra plus loin, une des clauses essentielles du traité de Paris. La comtesse eut aussi un long procès à soutenir contre ses demi-frères, les fils de Hugues de la Marche, à propos de l'héritage de leur mère, la comtesse-reine Isabelle; elle le leur disputa sans succès

1. M. Delisle, CartuL norm.^ n^ 647, note 24, rectifie sur ce point les indications erronées fournies par M. Chéruel dans son Histoire de Rouen, I, 122.

2. Acte de décembre 1266, au registre du Trésor des Chartes, J. J., 41, fol. Lxxxiii, recto; Bibl. nat., Ciairembault, 1188, fol. 25.

3i Telle est du moins Thypothèse émise par M. Henri Bordier dans son étude si ingénieuse et en partie si neuve sur Philippe de Rémi, p. 25 à 32. Elle ne repose que sur des conjectures.

devant la cour du roi de France en 1261 et en 1262*; la sentence fut rendue en 1269 à son détriment*. Dans l'un et l'autre cas, Simon prit vivement en main les intérêts sa femme et ne laissa pas de se créer par là <les ennuis et des ennemis.

L'affaire de la Bigorre fut bien autrement compliquée, et ni lui ni personne de sa famille ne devait en voir la fin .

On a vu plus haut que la mort de la comtesse Perronelle, tout en appelant à la succession de la Bigorre Esquivât de Chabanais, laissait en réalité Simon de Montfort maître du pays. Il le garda jusqu'en 1253, mariant ses neveux et nièces*, mettant les places fortes en bon état de défense. Eloigné de la Gascogne, il retrouvait là carrière pour ses intérêts et son ambition.

La situation où il se trouvait, après quatre ans d'eflfbrts et d'intrigues pour écarter de la Bigorre toute fâcheuse influence, était très embarrassée. Si, comme on l'a vu plus haut, il devait de fortes sommes à la succession de la vieille comtesse, d'autre part il était pour son petit neveu Esquivât de Chabanais, héritier de la Bigorre, un créancier redoutable. Aussi, lorsque son commandement en Gascogne lui fut retiré, et qu'il eut cessé auprès du roi tout service actif, voulut-il prendre des garanties : un acte solennel, délivré par Esquivât dans la grande salle du château de Chabanais (3 juin 1253), lui engagea les terres de Chabanais, de Confolens et de Loubert ; Simon devait en percevoir les revenus jusqu'à concurrence des sommes que lui devait son petit-neveu ; en retour, il rendrait à celui-ci la Bigorre, l'Armagnac et le Fezenzac*. Simon n'avait

1 . Les principales pièces relatives à ce procès sont dans le volume souvent aéjà cité de Clairembault, 1188, à la Bibl. nat.

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