Voy. à l'App., n
convoité la possession de la Bigorre que dans un intérêt politique, et pour tenir le vicomte de Béarn en échec ; mais que lui importait maintenant? Qu'on lui remboursât ses créances, il ne demandait, ou paraissait ne demander rien de plus.
Henri III raisonnait autrement. Il était venu en Gascogne pour porter remède aux maux causés par la rude administration du comte de Leicester, et il avait agi comme lui. Menacé par Gaston de Béarn, il voulut, lui aussi, opposer le comte de Bigorre à ce turbulent voisin. C'est ce qui explique l'accord passé en novembre 1253 avec l'évêque du Puy. Depuis le xi* siècle, le comté de Bigorre était sous la suzeraineté de l'évêque et du chapitre de N.-D. du Puy en Velay ; un relief de soixante sous morians était le signe de ce vasselage*. Bernard de Ventadour, à la veille de mourir*, vendit à Henri III tous ses droits de suzeraineté, au prix de 3,200 livres une fois payées'. Dès lors Esquivât de Chabanais fut le vassal du roi d'Angleterre ; il le servit en Gascogne, lui dizième de chevalier*; il l'accompagna même jusque dans son royaume \ et par tous les moyens possibles s'eiforça d'intéresser le roi Henri à son maintien paisible dans ses légitimes possessions ^
i. Voy. les Rapports de V Eglise du Puy avec la ville de Girone en Espagne y et le comté de Bigorre, par Ch. Rocher. Le Puy, Bérard, 1873 (extrait des Tablettes historiques du Velay) y p. 120.