Il mourut Tannée suivante, en
3. Bibl. nat., Moreau, 687, p. 261, d'après le ms. Cot. Julîus, E., I, fol. 2'28 ; analysé d'après un vidimus de \26^ par M. Delpit dans son Mémoire sur le ms. de Wolfenbûttel. Notice et extraits des rnss, t. XIV, p. 441.
4. Le !•«• avril 1254, Henri III somme Esauivat de venir le trouver en armes à Pâques (12 avril) lui dixième de chevalier. Moreau, 635, p. 47, d'après Bot. claus. Vase, m. 9.
5. Le 20 février 1255, Henri III déclare qu'il ne veut pas ■ quod eidem comiti propter adventum suum ad regem in Angliam aliquid juris depereat, quoad débita que ecciesia Aniciensis ei debebat. » Bot, Pat., anno 39, m. 13.
6. En 1251 , Esquivât engagea trois de ses châteaux : Auch et Laverdun dans l'Armagnac, et Espas dans le Fezenzac, à Henri III, au prix de 1,500 marcs, dont 500 furent payés sur-le-champ (4 juin). Le 17 juin, le connétable du château d'Auch reçut l'ordre de mettre ce château sous la garde de l'évêque d'Aire, nonobstant toute dette dont Esquivât serait tenu envers lui. Moreau, 634, p. 113, et 6;i5, p. 97. — C'est la comtesse de Leicester qui fournit au roi une partie ae la somme promise à Esquivât : « Cum teneamur, dit Henri III dans une charte du 8 juillet 1256, A. comitisse L., in magna pecunia, tum pro comitatu
Mais Gaston de B<^arn ëtait trop près et Henri III trop loin. Le roi son suzerain ëtait impuissant; c'est encore son oncle, l'inquiet et ambitieux comte de Leicester, qu'Esquivât désira pour défenseur. Il l'alla trouver lui-même à Paris, et là, le 22 mai 1258, il lui donna « tout son comté de Bigorre et dépendances, avec le droit d'en user à son plaisir et à sa volonté, comme de son bien propre * » ; comme garantie, Simon se fit livrer les châteaux de Lourdes et de Mauvezin*.
Ce n'est pas sans étonnement qu'on voit Simon de Montfort, moins d'un an après avoir été investi en termes aussi formels de la Bigorre, s'en dessaisir et la donner en garde pour sept ans au roi d'Angleterre (27 juillet 1259)' ; puis
Bigorre, cui pro nobis se obligavit in M. marcis, et nos Inde acquietavit... • Bot. clans. f anno 4(», m. 7 d. — Le b août 1254, le roi déclare quMl a payé 5U0m st. en échange des 3 châteaux engagés par Esquivât pour payer les dettes du feu comte de Bigorre, et pour acquitter les dépenses faites par Esquivât et le comte de Leicester pendant la vie de Maskarose, femme d'Esquivat. Moreau, 634, p. 116. — Le l*' décembre, il lui vient encore en aide en lui faisant payer 80 livres t. à prendre sur les deniers dus au prince Edouard par la ville de Bayonne. Bot, clans. ^ anno 39, pars 4», m. 3. — Le 19 février 1255, Henri III reconnaissait devoir l,UUU marcs à Esquivât pourles3 châteaux « etprovadiis suis, dum fuit in servicio régis inWasconia. » Le même jour, Esquivât transporta cette créance à Simon de Montfort : • et idem comes assi-
fnavit S. de M. et A. uxorem ejus ad pecuniam illam recipiendam pro deitis in qui bus idem comes dicto comiti Leycestrie tenebatur. > Bot. Pat., anno 39, m. 14. — Le 6 mars, Henri III lui donna encore une rente annuelle de ?00 m., qu'Esquivât transporta de même à son oncle : Simon devait toucher les arrérages de cette rente jusqu'à concurrence de 700 marcs. Ibidem.
1. Cette charte n'était d'ailleurs qu'une confirmation. Pressés par Gaston de Béarn, Esauivat de Chabanais et son frère Jourdain avaient déjà donné le comte à leur oncle le 6 août 1255. Voy. Layettes du Trésor des Chartes, tome III, n^ 4279. Cf. n»» 4284, 4286-89, et Merlet, Bibl. de VEc. des Ch., 4* série, t. III. La charte de novembre 1258 est au t. III des Layettes, n^» 4453-55.
2. Le 23 novembre 1258, Esquivât s'engage à livrer à Simon de Montfort les châteaux de Mauvezin et de Lourdes à sa première réquisition. Layettes, ibid.; Merlet, loc. cit., Le 9 avril 1259, Simon de Montfort désigne son cousin Philippe de Montfort comme gardien du comté. Layettes y n^ 4476.
3. Moreau, 688, p. 119, d'après le Bot. conv. pacis, anno 43. Le 26 juillet, les barons d'Angleterre et le prince Edouard avaient ratifié ce traité. Il «comprend trois clauses principales : 1* Le comte de Leicester baille au roi Henri la Bigorre pour / ans ; en retour, le roi lui fera payer 1 ,000 i; à la Toussaint prochaine au Temple de Paris ; 2« Si le roi cl' Angleterre veut donner au comte une terre en échange de Bigorre, l'un et l'autre nommeront deux arbitres pour régler l'afifaire.
Esquivât de Chabanais, allié au comte de Fois, secondé même un moment par son éternel rival le vicomte de BéamS rentrer dans son comté les armes à la main, le disputer à Gaston, son ami de la vieille, et bientôt, de guerre lasse, se jeter de nouveau entre les bras, et se mettre à la discrétion de son oncle (6 août 1261) *. Mais, ce qu'on ne parvient pas à s'expliquer aisément, c'est la raison pour laquelle Simon de Montforl abandonna la suzeraineté du roi d'Angleterre et revint à celle de l'évêque du Puy. Le 20 juillet 1262, il ordonnait en effet à son lieutenant, Raimond Bodin d'Âurillac, de déposer sur le grand autel de Téglise du Puy les 60 sous de Morlaas que devait payer tout nouveau détenteur du comté de Bigorre*. Si, comme le prétendait Gaston de Béarn *, la première donation faite par Esquivât à son oncle était simplement une commise, un dépôt, « comenda», on ne pouvait plus se tromper sur le caractère de celle-ci : c'était bien son abdication que venait de sceller Esquivât '; c'était bien à Simon que la Bigorre devait désormais appartenir.
Quelle raison donner de ces complications nouvelles ? Les dettes d' Esquivât envers Simon de Montfort étaient-elles si pressantes qu'il dût, pour les amortir, céder à son oncle l'héritage de sa grand' mère et de sa mère ? Redoutait-il si fort Gaston de Béarn, ou n'était-il qu'un jouet entre les mains de Simon de Montfort ? Etait-ce de sa part impuissance ou fourberie ? D'autre part, pourquoi Simon méconnaît-il la suzeraineté de Henri III, et renouvelle-t-il le pacte séculaire qui rattachait le comté de Bigorre à l'église épiscopale du Puy ? Le roi de France avait-il, lors du traité de 1259, élevé des difficultés à propos de cette substitution du puissant roi d'Angleterre au faible prélat anicien * ? Simon,
Au bout de 7 années. le roi rendra la terre libre de toute charge au comte ou à ses hoirs ; 3<» Si les \ ,000 £ ne sont pas payées à la Toussaint prochaine, il rendra la Bigorre.
1. C'est ce qu'explique une lettre de Gaston de Béarn à Simon du 23 mai 1260, voy. à l'Appendice, n» 53.