‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 72 sur 232 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Situation politique et organisation administrative de V Angleterre au milieu du xiiP siècle, — Le Eoi et la Nation.

Il serait malaisé de dire exactement quelles étaient rétendue et les limites du pouvoir royal à l'époque de Henri III. Bracton, qui rédigeait ses traités célèbres sur les lois de l'Angleterre dans les années qui précédèrent immédiatement le Parlement d'Oxford de 1258, ne contient à cet égard que des principes très généraux et très vagues, a II n'y a, dit-il, personne dans le royaume, qui soit l'égal du roi ; à plus forte raison n'y a-t-il personne qui lui soit supérieur; mais il y a au-dessus de lui Dieu et la Loi. De même que Jésus-Christ et la Vierge se sont soumis à la loi, le roi doit s'y soumettre, son pouvoir ne peut être un pouvoir sans frein. Il ne peut donc y avoir dans le royaume personne de plus grand que lui. Si l'on demande justice contre lui, on ne peut le faire par les voies ordinaires de la justice, on ne peut que le supplier de corriger et d'amender ce qu'il a fait. S'il s'y refuse, il sera assez puni par Dieu

Que personne n'ose disputer sur ses actes, à plus forte

raison n'ose les attaquera » Le roi peut donc être absolu; mais son autorité ne doit pas être arbitraire : « Puisqu'il est sur terre le ministre de Dieu et son vicaire, il ne peut rien sur terre que ce qui est juste {nisi id solum quod de jure pote$t)j et l'on ne peut opposer à ce principe la maxime romaine: quod principi placet legis habet vigorem Tant

qu'il fait ce qui est juste, il est le vicaire du Roi éternel ; il est le ministre du diable s'il se laisse aller à l'injustice. Le mot rex vient en effet a bene regendo et non a regnando : il est roi quand il fait bien, tyran dès qu'il opprime le peuple qui lui est confié, et le domine par la violence*. » C'est la

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