‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 76 sur 232 · Voyez ce document à l'Appendice, n · texte numérisé non relu

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4. Inutile de faire remarquer que cette intervention des communes nous éloigne beaucoup de l'époque où vivait le comte de Leicester.

soit passé en jugement devant le Parlement. C'est ce qui est arrivé à Godwin, comte de Kent, à l'époque d'Edouard le Confesseur, qui, pour ses méchantes actions et ses mauvais conseils, fut privé de son comté et chassé du royaume. — Ainsi fut fait de Hubert de Bourg, comte de Kent, qui, pour les mêmes motifs, fut arrêté par le sénéchal et les autres barons, puis privé de son comté par décision de tout le Parlement. — Ainsi fut fait de Pierre de Gaveston, qui fut banni de toutes les terres du roi, au delà comme en deçà des mers; mais Pierre de Gaveston ayant osé, même après une seconde sentence, revenir en Angleterre, il fut pris par le sénéchal, le connétable et les autres barons d'Angleterre, traité comme ennemi public du roi et du royaume et décapitée»

Certes, il faudrait bien se garder de croire que les droits exercés par le sénéchal d'Angleterre sous Edouard II, fussent déjà réglés avec cette précision violente sous Henri III, que Simon de Montfort pût réclamer le même pouvoir que Thomas de Lancastre *, mais il est difficile de penser que cette revendication des droits de la sénéchaussée d'Angleterre élevée par Thomas de Lancastre, un des « martyrs » , lui aussi, des libertés anglaises, soit une œuvre d'imagination pure ; que Simon de Montfort, au temps de sa plus grande puissance, ait cherché à faire constater ces droits uniquement pour satisfaire sa vanité, et non pour affermir davantage sa situation politique. Sans doute, ces droits étaient obscurs, puisque Henri III et le comte de Leicester en étaient réduits, pour les connaître, à faire appel à la mémoire d'une recluse ^; mais cela même ne prouve-t-il pas qu'ils avaient existé? La pièce analysée plus

1. Il n'est pas question d'un précédent analogue, celui des Despenser ; il est donc vraisemblable que la pièce que nous analysons fut rédigée entre 1311 et 13>2.

?. Ce Thomas, comte de Lancastre et de Leicester, sénéchal du royaume, est le fils d'Edmond Crouchback^ fils d'Henri III, qui, après Evesham, hérita des titres et dignités de Simon de Montfort.

3. Lettre de Henri III à la recluse de Hakinton, 29 avril 1265 : • quia vos nostis pre ceteris, ut dicitur, que jura et libertates pertinent ad senescalciam Anglie, racione comitatus et honoris Leycestrie, nos, volentes super hiis per vos plenius certiorari, vos attente requirimus et rogamus quatinus in presentia dilectorum nobis in Christo abbatis sancti Augustini Cantuariensis et prioris ecclesie Christi ejusdem ville

dicta jura et libertates exponatis • Bot, claus., anno 49, m. 6, au

dos.

haut les résume en ces deux points : le sénéchal doit : V veiller à l'exacte administration de la justice; 2" surveiller les conseillers du roi, et les écarter, même par la force, s'ils manquent à leur devoir. N'est-ce pas là justement le rôle que joua le comte de Leicester, pendant ce qu'il sera peut-être permis d'appeler son protectorat? Si on le voit à plusieurs reprises se plaindre des empiétements du roi sur les droits de sa charge, si, trois mois encore avant Evesham, il insiste à nouveau pour savoir « quels droits et quels privilèges appartiennent à l'office de sénéchal d'Angleterre à raison du comté et de l'honneur de Leicester » , n'est-ce pas parce qu'il voyait dans cette charge le fondement légitime de son autorité? A aucun moment, quoi qu'on en ait dits il ne remplit l'office de justicier d'Angleterre; il s'appuya uniquement sur les droits de son titre héréditaire. C'était son devoir de combattre pour les intérêts du peuple; il l'accomplit jusqu'au bout, avec l'opiniâtreté qui caractérise ce génie étroit et enthousiaste.

A côté des grands officiers héréditaires qui, en dehors de leurs fonctions honorifiques, n'avaient plus guère conservé que des prétentions*, se trouvaient le justicier, le chancelier et le trésorier.

Le justicier peut être considéré comme le premier personnage du gouvernement ' ; il est à la tête du Conseil privé et de la Ciiria régis. Le célèbre Hubert de Bourg, qui fut justicier d'Angleterre pendant la première partie du règne de Henri III (1216-1232), est appelé 1' «unique» conseiller du roi*. Le chancelier vient après le justicier; il est le « second après le roi S) ; il dirige les bureaux du roi ; il a la garde du grand sceau royal et est chargé de l'apposer aux actes émanés du roi ; il assiste à tous les conseils, même sans y être convoqué ; aussi la charge de

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