‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 75 sur 232 · Wendover-Paris, III · texte numérisé non relu

Wendover-Paris, III

3. Henri III fut émancipé en 1223 ; dès lors il eut son sceau particulier, et les chartes royales furent promulguées en son nom. A la formule t Teste comité Pembrochie •, ou • Teste d. P. Wintoniensi episcopo », ou « Teste H. de Burgo justiciario nostro », est désormais suDStituée Tinvariable formule : * Teste me inso » : voy. les actes publiés par Rymer ; cf. Wendover-Paris, 79, 83, et les Additamenta de Paris, VI, 69. Henri III fut déclaré majeur en février 1227, et désormais s'affranchit de toute tutelle. Dans un Parlement assemblé pour la circonstance, à Oxford, il fit casser les chartes de liberté concédées deux ans auparavant, sous prétexte qu'alors le roi n'avait pas la libre disposition de sa personne ni de son sceau. Wendover-Paris, III, 122.

disparut dans les confirmations ultérieures. On n'y reproduisit même pas l'article 12, en vertu duquel tout impôt, sauf l'aide aux trois cas, devait être consenti par le corn-mune concilium regni. Enfin la charte de 1225, ainsi que la charte de la forêt, confirmée en même temps, étaient concédées gracieusement par Henri 111 : «spontanea et bona voluntate nostra » , tandis que les précédentes avaient été données « d'après le conseil des grands du royaume » *. Tous les autres articles relatifs aux libertés ecclésiastiques, à la transmission des biens nobles et autres, aux droits et services féodaux, aux pouvoirs des fonctionnaires royaux, à la liberté personnelle, etc., avaient été maintenus. Aussi la situation de Henri III, lorsqu'il commença de régner par lui-même (1227), était-elle bien supérieure à celle de Jean sans Terre après le traité de Runnymede. Henri III avait encore des ennemis, mais il n'y avait plus d'opposition. On avait conservé de la grande charte tout ce qui était ou passait pour être la confirmation des antiques libertés du pays ; on en avait effacé les articles arrachés par la Ré vo lution triomphante, et destinés à limiter étroitement l'au torité royale.

Quels étaient les organes de cette royauté affranchie?

Au centre du gouvernement, à côté du roi, et sans parler de l'Hôtel du roi, se trouvaient les grands officiers de la couronne, les ministres et les conseils.

Parmi les grands officiersde la couronne, il convient de distinguer ceux qui possédaient leur charge à titre héréditaire, et ceux que le Parlement réclamait le droit de nommer.

Les grands officiers héréditaires étaient: le sénéchal (senescallits)^ dont l'office appartenait, on le sait, aux comtes de Leicestcr; le pannetier (pmcemà), dont l'office appartenait aux comtes d^Arundel ; le grand chambrier, dont l'office appartenait aux Ver, comtes d'Oxford ; le maréchal, dont l'office appartenait aux comtes de Striguil et de Pembroke; le connétable, dont l'office appartenait

1. Select Ckarters, p. 353. M. Stubbs ne s'explique pas bien la portée de cette modification. N'est-ce pas tout simplement parce que depuis 1223, comme on Ta vu dans la note précédente, le roi était hors de tutelle ? « Spontanea et bona voluntate nostra » correspond à la formule « Teste me ipso ».

aux Bohun, comtes de Hereford*, etc. Si leurs fonctions avaient conféré à ces dignitaires autant de pouvoir que d'éclat, ils eussent été sans contredit les premiers personnages dans le gouvernement, comme ils l'étaient dans l'État ; mais en réalité ces fonctions étaient purement honorifiques : le sénéchal n'était pas plus à la tête des services de la maison du roi, que le connétable ou le maréchal n'était à la tête de l'armée féodale . Ils avaient paru en grande pompe au couronnement de la reine Aliénor*; mais à aucune époque du règne de Henri III ils ne paraissent avoir joué le moindre rôle politique. Étaient-ils résignés à cet eflfacement? Pour le sénéchal d'Angleterre, pour Simon de Montfort, aucun doute n'est possible : il ne cessa de se plaindre que les droits de sa charge eussent été mutilés, sans que nous sachions d'ailleurs en quoi consistaient au juste ces droits qu'il réclamait. S'il fallait en croire un document postérieur de plus d'un demi-siècle à la mort de Simon, l'office de sénéchal aurait été des plus importants ® : il aurait consisté à surveiller et à gouverner, sous le roi et immédiatement après lui, le royaume d'Angleterre et tous les ministres chargés d'appliquer les lois, en temps de paix comme en temps de guerre; s'il y avait de mauvais conseillers autour du roi, et si ce dernier recevait de mauvais conseils, le sénéchal devrait s'entendre avec le connétable, les grands et les communes* du royaume, pour inviter ces mauvais conseillers à s'éloigner du roi. a Si le roi refuse de les écarter de sa personne, il est permis au sénéchal et au connétable d'Angleterre, aux grands et aux communes du royaune, de déployer la bannière royale au nom du roi et du royaume, de mettre le conseiller récalcitrant en prison jusqu'au nouveau Parlement, de saisir ses biens, revenus et toutes autres possessions, jusqu'à ce qu'il

1. Gneist, Verfassungsg., 216 et suiv. Stubbs, passim; l'Index qui est à la fin du tome III renvoie aux endroits où il est traité de ces officiers.

2. Voyez plus haut, p. 6. — Vingt-cinq ans plus tard, comme Henri III fêtait à Westminster la Saint-Edouard (13 octobre 1200), Simon fut invité à venir à Westminster remplir les devoirs de sa charge ; mais il se fit remplacer par son neveu Henri d'Allemagne. Rymer, à la date du 13 octobre 1260.

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