Paris, V
3. La distinction entre le tallagium et Vadjulorium est bien indiquée dans un passage de Mat. Paris, IV, 95 : en 1241, les bourgeois de Londres furent forcés « contra consuetudinem et libertatera civitatis » , de donner au roi de grosses sommes d'argent « non sub titulo aut numine liberi adjutorii, sed tallagii », ce qui les angoissait fort, ajoute le chroniqueur. Cependant il ne faut pas s'attacher trop au sens des mots.
4. L*enfant née en 1240 avait alors 4 ans; le Parlement vota par avance un impôt de 20 sous pour chaque fief de haubert de chacun des vassaux directs de la couronne, payables en deux termes, à Pâques et à la Saint-Michel, Paris, IV, p. 373. £He épousa le 26 décembre 1251 le roi d'Ecosse. Voy. plus haut, p. 41.
donc demander de l'argent au Parlement, qui ne l'accordait pas toujours, et qui, d'ordinaire, exigeait en retour d'importantes garanties'. En 1225, au moment où l'on songeait à reprendre la guerre contre la France, le Parlement, invité par le Justicier à donner au roi « aide et conseil » , accorda un quinzième de tous les biens meubles possédés en Angleterre aussi bien par les laïques que par les ecclésiastiques, si la Grande Charte était jurée et promulguée à nouveau*. En 1232, il accorda un quarantième des biens meubles pour permettre au roi de payer l'argent qu'il avait emprunté au comte de Bretagne dans la récente expédition contre la France (1230) ^ En 1237, le trésor étant vide, il fallut encore s'adresser au Parlement. Guillaume de Raleigh, «clerc du roi et savant légiste » , se leva au milieu de l'assemblée et dit : « Le roi vous mande qu'il sera toujours soumis à vos conseils, vous, ses fidèles et ses sujets ; mais ceux qui ont eu jusqu'ici la garde de son trésor ont rendu peu fidèlement le compte de toutes les recettes ; aussi le roi vous demande-t-il avec prières un secours en argent ; cet argent sera levé comme vous l'entendrez, sous la surveillance de commissaires élus par vous, et réservé exclusivement à des dépenses utiles au royaume. » ' Ce discours insinuant n'empêcha pas les plus vives protestations d'éclater. Le roi, pour apaiser les murmures, promit, sous la foi du serment, de ne plus jamais commettre envers ses nobles ni torts ni injustices, s'ils lui concédaient de bonne grâce un trentième des biens meubles; c'était, disait-il, le mariage de sa sœur Isabelle avec l'empereur d'Allemagne* qui avait vidé ses coffres. On lui répondit que ce mariage avait été accompli sans qu'on eût demandé aux
1. Bracton explique, livre II, ch. 18 (Twiss, I, 288) les conditions auxquels les vassaux sont tenus de fournir des aides, atixilia, au suzerain : ces aides sont données t de gratia et non de jure, et pro indigentia domini capitalis d ; Thomme libre peut donc seul la donner, et
Î)arce qu'il est homme libre. Les aides sont personnelles, non réelles personalia, non predialia) ; aussi doit-on considérer la personne du seigneur et du vassal ; l'aide doit être utile à celui qui la reçoit, honorable à qui l'accorde. Quant aux arrière-vassaux, ils ne doivent une aide à leur suzerain qu'avec l'autorisation du roi. Paris, VI, 251.