‹ Simon de Nantua ou Le Marchand ForainChapitre 47 sur 54 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Simon de ^aatua dîne en compagnie cliez le curé : il veut prouver par des faits laTc'rité de ce que le curé a dit , et il raconte une histoire.

Après la messe ,1e bon curé nous invita a nous rendre au presbytère. J'espère bien, dit-il à Simon de Nantua , que vous me ferez l'amitié de diner et de coucher chez moi. — Mon compagnon de voyage avait eu trop de plaisir à retrouver M. Plilaire, pour refuser une semblable proposition : elle fut doncacceptée. Simon de Nantua remplit encore une fois les fonctions de chantre, et ce fut lui qui entonna les vêpres.

Le curé avait coutume de recevoir au presbytère, le dimanche soir, quelques habitans de son village, auxquels il donnait ainsi , sans qu'ils s'en doutassent , des instructions religieuses et morales. Il s'y i réunit , ce jour-là, une douzaine de per- ' sonnes, avec lesquelles nous nous trouva- . mes. On parla du sermon que le curé avait j fait le matin. |

Ah î que vous avez bien parlé , raoa- *

DE NANTUA. igi

sieur le curé ! s'ëcria Simon de Nantua. Vous avez dit de jurandes vérités , dont il ne serait pas difficile de trouver à faire l'application. Votre sermon m'a rappelé une histoire, de laquelle j'ai presque été témoin moi-même, et qui offre un exemple bien frappant du vice puni par le vice et de la vertu récompensée par la vertu.

LE CURÉ

Serait-ce par hasard l'histoire des deux frères Marcel ?

Précisément. Est-ce que vous les avez connus ?

LE CURÉ

Comment donc! Il n'y a pas plus de sept à huit ans que j'ai vu le bon Louis dans sa jolie ferme. Je pensais à lui et à son frère, ce matin en prêchant.

Et moi en vous écoutant. Mais s'il y a huit ans que vous n'avez vu Louis , vous ne connaissez pas encore toutes ses prospérités.

LE CURÉ

Vous devriez nous raconter cette histoire ; père Simon.

ig2 SIMOK

Ah ! c'est que ce serait un peu long.

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