‹ Simon de Nantua ou Le Marchand ForainChapitre 53 sur 54 · CHAPITRE XXXVIII et dernier · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII et dernier

Conclusion.

Le lendemain matin nous dîmes adieu à notre digne curé. Ce ne fut pas sans un vif regret que Simon de Nantua se sépara de lui si promptement, et nousne le quittâmes point sans faire des vœux pour que tous les pasteurs lui ressemblassent.

J'accompagnai encore Simon de Nantua jusqu'à Rennes. Ce fut là que mes affaires m'obligèrent à le quitter pour me rendre à Paris. J'aurais été très-curieux de parcourir avec lui les autres départemens de Ja France, et de voir comment jl s'y serait pris avec lesSretons, les Vendéens, les habitans des bords de la Garonne et du beau sol de la Provence. Mais il ne dépendait pas de moi de ne point faire ce sacrifice. Toutefois je me promis bien de refaire un voyage l'année suivante, avec Simon de Nantua, et lui-même parut le désirer vivement. Nous nous embrassâmes

donc cordialement , en nous souhaitant l'un à lautre bonne santé,et je pris la route de Paris.

Je me suis occupé depuis mon retour à e'crire ceci, et je souhaite, mes chers lecteurs , que mon livre puisse vous faire passer agréablement quelques instans de loisir. Je désire surtout que vous mettiez à profit quelques-uns des bons avis de Simon de ?santua, A présent que vous le connaissez, pensez à lui de temps en temps. " Lorsque vous serez tentés de faire une chose que votre conscience n'approuvera T pas, représentez -vous notre Simon de Nantua , avec sa tête chauve, son œil vif F et son gros sourcil blanc, et figurez vous T qu'il vous dit : Doucement ! doucement ! tournons notre langue avant que de parler, et donnons-nous le temps de la réflexion avant d'agir. Si Vous faites mal,il vous en arrivera mal.

Quand vous verrez vos amis disposés à faire une mauvaise action, dites - leur : Simon de iSantiia conseille de faire telle chose et non pas telle autre ; écoutez ce que dit Simon de Nantua. — Je crois , mes chers lecteurs, que si vous faites ainsi, vous vous en trouverezbien^et je dois vous

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dire que je m'en suis bien trouve' pour ma pari et que j'ai pensé souvent : Simon de Nanlua avait raison ; grand merci , Simon de Nantua.

Si je m'aperçois qu'il vous en arrive autant , je vous promets de vous faire part de mon second voyage , pour lequel je ne tarderai pas à partir. En attendant, je fais des vœux , mes amis, pour que vous soyez sages et heureux. Je suis déjà vieux et je l'ai pas trop l'espoir de voir un meilleur :emps; mais vous le verrez peut-être, vous, /ous le verrez si vous le voulez. Elevez la eunesse actuelle dans de bons sentimens, ;t inspirez lui l'amour du travail. Il arrivera )ar ce moyen un moment de prospérité générale, où tous les hommes seront heueux et satisfait*; où la misère n'aura plus [ue peu de victimes, qui pourront facieraent être secourues; où les humains se egarderont comme des frères et ne cherheront plus à se nuir-e les uns aux autres; )ii chacun oubliera ses propres intérêts , orsqu'il sera question de ceux de la patrie. ) peuple français ! ô mes concitoyens ! c'est vous de donner ce bel exemple aux aurcs nations! Vqus leur avez donné celui e la valeur, du courage; de la gloire ;

o3\ SIMON DE NANTUA.

VOUS leur donnez aujourd'hui celui de l'honïieur, de la résignation, de la dignité dans le malheur j donnez-leur aussi l'exemple de la vertu , ce sera votre plus beau triomphe, votre plus grande supériorité.

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