M. DULAURET, JÉRÔME, M. PATE LOT , EUPHRASIE
JÉRÔME , à part, et désolé.
Moi qui 1' croyais un bon homme.
M. PATELOT, sortant de son cabinet.
Monsieur Dulauret, quel esclandre viens-je d'entendre?... Voilà une heure qu'on se dispute ici... j'accours bien vite savoir si vous avez besoin de moi.
EUPHRASIE, accourant par le fond.
Mon yère, j'ai vu sortir de chez vous un homme qui paraissait bien en colère, vous serait-il arrivé?...
M. DULAURET.
Rien, ma fille, rien... rassure-toi... c'est un fou qui prétend me faire payer.
JÉRÔME , pleurant et se jetant aux pieds de son maître. Not' maître, j' vous dmande pardon.
M. dulauret, surpris.
Etde quoi?
JÉRÔME
C'est moi qui est cause d' l'invanie qu'on vient de vous faire.
M. DULAURET.
Comment?
II m'avait pourtant promis d' n'en pas parler.
M. DULAURET.
Veux-tu bien t'expliquer mieux ?
JÉRÔME
C'est c'te maudite lette...
M. DULAURET.
Eh bien? cette lettre... c'est sûrement la réponse de mon banquier.
JÉRÔME
Hélas ! oui , ne la lisez pas , Monsieur, ne la lisez pas !
M. DULAURET.
Je crois que tout le monde a perdu la tète ici. (Arrachant la lettre des mains de Jérôme. ) Donne.
JÉRÔME
O Dieu !,.. Dites-moi bien vite si c'est ça?
M. DULAURET, ayant parcouru la lettre.
Que vois-je?... mon associé... Gercourl a disparu , et ma fortune...
EU PUR ASIE
Qu'entcnds-je ?
Serait-il possible?
M. PATELOT.
Il n'est que trop vrai , ma fille , je suis ruiné.
M. PATELOT, h part.
Ruiné !... Ah ! quel bonheur !
JÉRÔME
J'en étais sûr '.
M. PATELOT.
Monsieur Dulauret, voilà un petit incident qui va mettre îc comble à ma félicité.
M. dulauret , lui serrant la main.
Je vous entends, mon cher ami, je vous entends.
M. PATELOT.
Au contraire, vous ne m'entendez pas.
M. DULAURET.
Ce qui m'afflige le plus, c'est qu'en effet cet homme, que j'ai refusé de payer tout à l'heure , va être en droit de soupçonner ma probité.
Air : // donne l'Immortalité.
Oui , voila ce que je redoute,
S'il revient, je le satisfais ;
Je veux, quelque prix qu'il m'en coûte,
M'épargner d'éternels regrets.
Avec courage , avec sages«e
On sait supporter un malheur;
On peut remplacer la richesse,
?tlais rien ne remplace i'Iionneur ,
Non , rien ne remplace l'honneur.
C'est ce que je pensais à la minute.
EUPHRASIE
Mon père, je ne me trompe point ; c e:>t lui qui revient.