‹ Simon-le-Franc; ou, L'origine de ma fortune, vaudeville-anecdote en un acteChapitre 15 sur 18 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les mêmes, M. DULAURET.

M. DULAURET.

Le notaire va venir et apporter le contrat; j'espère que nos jeunes gens...

JÉRÔME

Not' maître, v"là 1' Monsieur d' tantôt...

M. DULAURET.

Ali ! I:1 marchand de... (Haut. ) Excusez, mon brave... je suis bien fâche; de vous avoir fait revenir. SIMON, tirant son billet.

Il n'y a point de mal, il n'y a point de mal.

M. DULAURET.

Veuillez me dire ce qui me procure l'avantage...

Oh!.. une misère... un rien... un effet de vingt mille francs que j'ai sur vous. (Il lui remet le billet.') M. DULAURET , étonne.

Vingl !... (Il le regarde avec surprise, et ensuite il s'empresse de lui donner un siège. ) Donnez-vous donc la peine de vous asseoir. (Fouillant dans sa poche.^) Je croyais avoir la clef de ma caisse....

SIMON -LE-FRANC. , examinant Dulauret , et à part. J'ai vu cette figure -là quelque part.

M. DULAURET.

Jérôme, vas dire à ma fille de m'apporter. (// regarde la signature du billet. ) Que vois-je ? (A Jérôme.} Non, non, un inoment,.,(./,;/ûme reste.) Cest encore la maison Schloukmann, de Hambourg , qui tire sur moi ! simon-le-franc.

On m'a assuré que c'était de l'argent comptant.

M. DULAURET, rendant le billet.

J'en suis désespéré , Monsieur, mais je ne puis vous payer.

SIMON-LE-FRANC , tout en le regardant.

Comment, Monsieur, vous...

M. DULAURET.

Je suis encore en avance avec MM. Schloukmann , et depuis plus de six mois toutes nos relations de commerce sont rompues.

Et vous ne paierez pas '.

M. DULAURET.

Je suis fâché de la contrariété qje vous éprouvez.,, mai» je ne puis me mettre davantage à découvert.

Vous ne paierez pas ?

M. DULAURET.

Non , Monsieur.

SIMON-LE-FRANC, frappant le plancher avec sa canne et renfonçant sun chapeau.

C'est votre dernier mot?

M. DULAURET.

Absolument.

SIMON-LE-FRANC , s'en allant et revenant. Je vais me mettre en règle, Monsieur.

M. DULAURET.

Comme il vous plaira.

SIMON-LE-FRANC, même jeu.

Vous entendrez bientôt parler de moi.

M. DULAURET

Soit , j'y consens.

SIMON-LE-FRAISC , même jeu.

Vous apprendrez à connaître Simon-lc-Franc.

M. DULAURET.

Quand vous voudrez.

SIMON-LE-FRANC, même jeu.

J'ai mis dans ma tête d'êire payé, et je serai payé, Monsieur.

M. DULAURET.

C'est ce que nous verrons.

C'est ce que vous verrez... et pas plus tard qu'aujourd'hui, je veux me donner ce petit plaisir-là.

>!. DULAURET.

A votre aise , Monsieur.

Je devine pourquoi vous ne voulez pas vous mettre à découvert.

Air : Une fille est un oiseau.

Vous saviez , en arrivant, Le coup dont on vous menace , Et demain , avec audace, Profilant De l'accident , Vous rnmnliez en être quitte, Pour dire : J'ai lait faillite , Ce moyen est illicite, J'en réponds, il échouera...

( A part, en le quittant brusijiiemc.nl.') Oh ! vraiment c'est incroyable!

Mais je veux savoir où diable J'ai connu cet homme-là ! ( Trois fois). (Pendant ce couplet, Jérôme se désespère , et tire Simon- le- Franc par son habit pour l'empêcher de parler).

M. DULAURET, troublé.

Que j>arle-t-il d'accident , de faillite? Le singulier personnage !

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