‹ Simon-le-Franc; ou, L'origine de ma fortune, vaudeville-anecdote en un acteChapitre 2 sur 18 · SCÈNE IL M. DULAURET, JEROME · texte numérisé non relu

SCÈNE IL M. DULAURET, JEROME

M. DULAURET.

Jérôme?...

JÉRÔME

Nof maitre ?

M, DULAURET.

Où est mon gendre?

JÉRÔME

Dame, not' maître, r'gardez par 1' trou de la serrure, il est encore dans les pavois d'Orphée.

M. DULAURET.

Les pavots «l'Orphée?

C'est-à-dire qu'i ronfle comme un bienheureux.

M. DULAURET.

Je crains pourtant qu'il ne se soit pas trouvé à son aise, dans ce cabinet, où l'on a été forcé de lui dresser un lit , en attendant...

JÉRÔME, riant.

En attendant la couche nupétiale.

M. DULAURET, riant.

Mais tu as aujourd'hui un choix de mois...

JÉRÔME

L'esprit me gagne, depuis que monsieur Patelot est ici.

M. DULAURET.

Non ; mais, là... comment le trouves-tu, mon gendre?

JÉRÔME

Moi, Monsieur,... je trouve d'abord qu'i' boit et mange bien.

M. DULAURET.

Oui; mais conviens qu'il a des manières... qu'il est surtout d'une sensibilité!...

JÉRÔME

Oh! ça c'est vrai... il est terriblement sensible.

Air: Pour égayer nos Chansons.

Je ris toujours quand je I' vois,

Mon Dieu , qu'i! est drôle ! Il jette des cris par fois...

Comme un «.liât qui miaule.

Quand not' jeune maîtresse est là ,

Devant elle i' passe...

Poussant des soupirs... des ah'....

A croir' qu'il trépasse.

Monsieur, si c'est là d' l'amour,

Je 11' m'y connais guère, D' l amans connu' ça sont faits pour ; ^

Porter 1' diable en terre. S

M. DULAURET.

Tu ne sais donc pas (\ue c'est le genre aujourd'hui.

JÉRÔME

Le genre !

M. DULAURET

Oui, on appelle cela du romantique.

JÉRÔME

Du rom.... antique?

M. DULAURET.

Oh ! bah ! bah ! tu ne t'y connais pas; et je suis sûr, moi , qu'il plaira beaucoup à ma fille.

JÉRÔME

Vous en êtes sûr, ben sûr ?

Oui; mais il se fait tard , il faut pourtant l'avertir que.... JÉRÔME.

Chantez-lui l'air romantique: Réveillez-vous, belle endormi.

M. DULAURET.

Tais-toi.^// frappe à la porte.) Mon gendre? »1. PATELOT, en dedans et à1 une voix, plaintive. Qui frappe?

M. DULAURET.

C'est moi.

M. PATELOT , en dedans.

Air : Ce n'est pas là la veine.

Est-ce loi, chère Hélène?...

M. DULAURET , surpris.

Chère Hélène!... quel nom!

M. PATELOT , en dedans.

Viens-tu calmer ma peine?

M. DULAURET, très-haut.

Eh non, Monsieur, non , non.

ai. PATELOT , en dedans.

Qu'entends-je ? ô ciel ! quels sont ces sons ?

ai. DULAURET.

Il rêve } je crois , avançons...

(Très-haut par le trou de la serrure. ) — ■ Je suis votre beau-père...

M. PATELOT , en dedans.

Ah ! c'est une autre affaire!

ai. DULAURET.

Mais réveillez-vous donc.

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