SCÈNE IL M. DULAURET, JEROME
M. DULAURET.
Jérôme?...
JÉRÔME
Nof maitre ?
M, DULAURET.
Où est mon gendre?
JÉRÔME
Dame, not' maître, r'gardez par 1' trou de la serrure, il est encore dans les pavois d'Orphée.
M. DULAURET.
Les pavots «l'Orphée?
C'est-à-dire qu'i ronfle comme un bienheureux.
M. DULAURET.
Je crains pourtant qu'il ne se soit pas trouvé à son aise, dans ce cabinet, où l'on a été forcé de lui dresser un lit , en attendant...
JÉRÔME, riant.
En attendant la couche nupétiale.
M. DULAURET, riant.
Mais tu as aujourd'hui un choix de mois...
JÉRÔME
L'esprit me gagne, depuis que monsieur Patelot est ici.
M. DULAURET.
Non ; mais, là... comment le trouves-tu, mon gendre?
JÉRÔME
Moi, Monsieur,... je trouve d'abord qu'i' boit et mange bien.
M. DULAURET.
Oui; mais conviens qu'il a des manières... qu'il est surtout d'une sensibilité!...
JÉRÔME
Oh! ça c'est vrai... il est terriblement sensible.
Air: Pour égayer nos Chansons.
Je ris toujours quand je I' vois,
Mon Dieu , qu'i! est drôle ! Il jette des cris par fois...
Comme un «.liât qui miaule.
Quand not' jeune maîtresse est là ,
Devant elle i' passe...
Poussant des soupirs... des ah'....
A croir' qu'il trépasse.
Monsieur, si c'est là d' l'amour,
Je 11' m'y connais guère, D' l amans connu' ça sont faits pour ; ^
Porter 1' diable en terre. S
M. DULAURET.
Tu ne sais donc pas (\ue c'est le genre aujourd'hui.
JÉRÔME
Le genre !
M. DULAURET
Oui, on appelle cela du romantique.
JÉRÔME
Du rom.... antique?
M. DULAURET.
Oh ! bah ! bah ! tu ne t'y connais pas; et je suis sûr, moi , qu'il plaira beaucoup à ma fille.
JÉRÔME
Vous en êtes sûr, ben sûr ?
Oui; mais il se fait tard , il faut pourtant l'avertir que.... JÉRÔME.
Chantez-lui l'air romantique: Réveillez-vous, belle endormi.
M. DULAURET.
Tais-toi.^// frappe à la porte.) Mon gendre? »1. PATELOT, en dedans et à1 une voix, plaintive. Qui frappe?
M. DULAURET.
C'est moi.
M. PATELOT , en dedans.
Air : Ce n'est pas là la veine.
Est-ce loi, chère Hélène?...
M. DULAURET , surpris.
Chère Hélène!... quel nom!
M. PATELOT , en dedans.
Viens-tu calmer ma peine?
M. DULAURET, très-haut.
Eh non, Monsieur, non , non.
ai. PATELOT , en dedans.
Qu'entends-je ? ô ciel ! quels sont ces sons ?
ai. DULAURET.
Il rêve } je crois , avançons...
(Très-haut par le trou de la serrure. ) — ■ Je suis votre beau-père...
M. PATELOT , en dedans.
Ah ! c'est une autre affaire!
ai. DULAURET.
Mais réveillez-vous donc.